Limitation à 80km/h : les radars flashent entre deux et trois fois plus qu’avant

Un mois après la mise en application du décret qui prévoyait d’abaisser la limitation de vitesse de 10km/h sur les axes routiers secondaires, les préfectures commencent à fournir les premières données. On constate une hausse importante de l’activité des radars. 

Le Conseil d’Etat a refusé de suspendre le décret d’application qui passe la limitation de vitesse des axes secondaires de 90 à 80km/h. Autrement dit, il faudra bien se faire à perdre un peu plus de temps au volant. Au profit de la sécurité ? Pas sûr.

Le décret est entré en application le 1er juillet 2018 et les premiers résultats commencent à tomber. D’après eux, on constaterait surtout une hausse d’activité des radars.

La mesure cartonne en Haute-Loire !

Le quotidien l’Eveil de la Haute-Loire annonce avoir récupéré les dernières données transmises par la préfecture. Et s’il est impossible de certifier que cette hausse des verbalisations est due à la réduction des limites de vitesses, cela y ressemble fort.

Du 25 juin au 1er juillet, les radars fixes enregistraient 1 172 véhicules en excès de vitesse. Mais la semaine du 2 au 8 juillet, ce nombre avait déjà doublé puisque l’on atteignait les 2 536 flashs !

En somme, du 16 au 22 juillet, 3 266 flashs auraient été enregistrés soit une augmentation de 300% par rapport à fin juin, début juillet ! A l’époque, « seulement » 1 028 infractions avaient été relevées. Ce n’est pas mieux du côté des radars mobiles puisqu’ils ont photographié 144 conducteurs au lieu de 48 sur la même période.

Le quotidien constate aussi une augmentation du nombre de suspensions de permis de conduire. Les chiffres sont passés de 11 à 21 en seulement une semaine.

Pour Franck Christophe, directeur du cabinet du préfet de la Haute-Loire, les chiffres évoqués sont inquiétants. Il « peine à croire qu’il s’agisse d’un acte de rébellion, auquel cas il coûte très cher. »

Les personnes n’ont pas encore intégré cette nouvelle baisse de la vitesse maximale autorisée. Et il n’y a pas eu encore cette assimilation et cette habitude du radar.

Franck Christophe, directeur du cabinet du préfet de la Haute-Loire

La palme revient au radar chantier situé sur la RN88, près d’Yssingeaux. Son appareil photos aurait fonctionné 797 fois. Le radar installé à Saint-Paul de Tartas, lui aussi sur la RN88, est celui qui connait la plus grande hausse d’activité. Il a multiplié son nombre d’infractions enregistrées par 5,7, passant de 34 flashs par semaine à 194 !

Mais aussi dans le Var !

Mais ces résultats ne se cantonneraient pas seulement à la Haute-Loire. Le préfet du Var est lui aussi revenu sur l’efficacité de la mesure. Et il constate aussi une recrudescence du nombre d’infractions relevées par les radars. En moyenne, l’évolution se situerait autour de 100% d’augmentation. 

Les sept radars automatiques positionnés sur les routes désormais limitées à 80 km/h ont été reprogrammés et ils flashent plus qu’avant: depuis la mise en œuvre, il y a même plus de deux fois plus de flashesPourtant, ce n’est pas le but. C’est même le contraire !

Jean-Luc Videlaine, préfet du Var

Mais comme son homologue de Haute-Loire, Jean-Luc Videlaine explique lui aussi que la faute viendrait des automobilistes qui ne comprennent et ne prennent pas en compte cette mesure. Il affirme qu’il faudrait « qu’idéalement les automobilistes devraient accorder leur comportement à cette nouvelle réglementation. »

Il faut savoir que cela concerne environ 1900km sur un réseau de 2900km, soit les deux tiers. Et même si la vitesse n’est pas toujours la seule cause, elle demeure un facteur aggravant en cas de choc frontal.

Jean-Luc Videlaine, préfet du Var

Edouard Philippe : la sécurité pour les autres, pas pour le Premier Ministre

Pour autant, d’après les statistiques des préfectures, les infractions relevées concerneraient majoritairement des excès de vitesse inférieur à 20km/h malgré la diminution de la limite de vitesse à 80km/h. Autrement dit, les vitesses restent en-dessous des 100 km/h.

Alors, la mesure voulue par Edouard Philippe pour réduire la mortalité sur les routes sera-t-elle efficace ? Pas sûr. Par contre, elle remplira les caisses de l’Etat à coup sûr.

En parallèle, on constate aussi que le Premier Ministre prône une sécurité qu’il ne s’applique pas à lui-même. Comme le montre la vidéo ci-dessus, tirée d’un reportage de FranceTV, alors qu’il est sur la banquette arrière d’une voiture suivant le Tour de France, on peut voir Edouard Philippe ne pas avoir bouclé sa ceinture de sécurité.

Pour rappel, les textes de lois, qui ne s’appliquent apparement qu’aux citoyens, obligent le port de la ceinture à l’arrière depuis 1990. Et si l’un des gendarmes du Tour qui accompagnait le Premier Ministre l’avait verbalisé, ce dernier aurait dû s’acquitter d’une amende de catégorie 4 d’un montant forfaitaire de 135€.

En 2015, Edouard Philippe qui n’était pas encore Premier Minsitre, s’était déjà fait retirer son permis de conduire pour un « gros excès de vitesse ». Il avait été contrôlé à plus de 150km/h sur un tronçon de route limité à 110km/h.

Mais bon… il semblerait donc que nous ne soyons pas tous égaux devant la législation française…

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