L’Iran à Paris

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Le Président de la République reçoit, mercredi et jeudi, le Président iranien, après une visite décevante en Inde (Narendra Modi n’a signé ni les 36 Rafales, ni les EPR, malgré 10Md€ d’investissements promis en contrepartie).

L’Inde est pourtant la première locomotive restante de l’économie mondiale (et de sa démographie) avec une croissance de 7,5%, quand la Chine ralentit à 6%, sans parler des récessions au Brésil et en Russie. Dans les vieilles économies, l’Union Européenne est en croissance ralentie, et les USA craignent un coup de froid (au-delà de la côte est) dû aux sociétés pétrolières (en difficultés avec un baril fluctuant autour de 30$) qui auraient emprunté 250Md$. D’ailleurs, la Federal Reserve n’envisagerait plus une hausse de ses taux au menu de chacune de ses réunions et la BCE a ouvert la possibilité d’un complément au Quantitative Easing, pourtant déjà renforcé. La France peut espérer se rattraper avec la Perse.

 

Les énormes défis de l’Iran

L’Iran était connu pour ses développements nucléaires, ses embargos (sauf Russie, Chine, Corée du Nord,…), ses Ayatollahs,… L’Iran revient sur la scène internationale. L’achat de 114 Airbus contraste avec l’amende de BNPP concernant l’Iran et Cuba (pays également en cours d’ouverture, mais c’est un terrain américain). Même si l’Arabie Saoudite a laissé couler le prix du baril de pétrole (contre le gaz de schiste US et contre l’Iran chiite), l’Iran, pays pétrolier de 80 M d’habitants, a un potentiel historiquement prouvé depuis 800 000 ans.

Les sociétés de conseil (dans le Golfe, notamment à Bahrein à majorité chiite également) sont surexcitées par des missions de développement en Iran. Depuis la rencontre sur le USS Quincy, du roi Ibn Saud et de Franklin Delano Roosevelt après Yalta, l’Occident avait misé sur les monarchies pétrolières. Plutôt que de continuer à bâtir sur les sables d’Arabie, le monde développé retrouve les jardins (loués par l’écrivain Firdawsi) d’Ispahan.

 

Des opportunités pour l’assurance

Au début des années 70, l’Iran a unifié les statuts de fonds de compensation pour créer sa Sécurité Sociale. A noter que son financement est tripartite (employé, employeur, Etat), ce qui a le mérite de ne pas prétendre à un paritarisme, en réalité co-piloté par l’Etat. Le régime de Sécurité Sociale iranien n’a pas de branche famille mais inclut la branche chômage. Il est complété par des fondations d’origine religieuse (Chiites bien sûr, même si les Juifs, Chrétiens et Zoroastriens sont reconnus dans le pays). La protection sociale sera au menu, sachant que le président iranien dînera à Pairs avec son ministre de la santé et quelques invités plus “business”.

Bien sûr, dans un tel état dirigiste*, toute modification passera par une décision politico-religieuse. Hassan Rohani**, qui passe pour un modéré, se laissera tenter par une partie d’échec*** avec l’Occident.

 

*Par exemple, on ne peut se présenter à l’élection à l’Assemblée (Majles) que sur accord du Conseil des Gardiens. C’est pourtant en Iran, avec le cylindre de Cyrus, que l’on trouve la première déclaration des Droits de l’Homme.

** Président de la République islamique d’Iran (« royaume des Aryens » étymologiquement).

***Jeu originaire de perse, par transformation du chaturanga indien (चतुरङ्ग), même si l’expression al-shah-mat (le roi est mort) est arabe et pas fārsī.

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