Loi anti fake news : pour la ministre de la Culture, les français ne sont pas capables de discerner vraies et fausses infos

Françoise Nyssen, ministre de la Culture, a été auditionnée le 22 mai lors d’un questions-réponses sur le projet de loi anti fake news. Seulement, elle s’est distinguée en justifiant la création d’un organe chargé de définir quelles informations sont vraies ou non, en arguant que les français n’étaient pas capables de le faire eux même. 

Ce mardi 22 mai, la ministre de la Culture, Françoise Nyssen, était auditionnée lors de la tenue de la commission des affaires culturelles sur le projet de loi « anti fake news ». Ce projet, qui vise à réguler le flot d’informations qui circule sur internet afin de discerner vraies et fausses informations, fait débat. Liberticide, démagogique, les adjectifs ne manquent pas pour qualifier ce projet de loi controversé.

Et ce ne sont pas les récentes déclarations de Françoise Nyssen qui vont améliorer l’image de l’opinion sur ce projet de loi.

« Ne pas céder à la démagogie en renvoyant à la seule capacité de discernement des citoyens »

Centre des débats : l’importance prise par les informations sur le net. Françoise Nyssen commence son exposé en affirmant que « la multiplication des sources d’informations a brouillé les repères du citoyen« . Résumé très sommairement, elle explique donc que la multiplicité des sources d’informations auquel chacun peut prétendre n’est pas une bonne chose. Pourquoi pas ne pas revenir à une source unique alors ?

Cette proposition paraît folle en 2018. Pas pour la ministre de la Culture. Pour aider les français à « démêler le vrai du faux, contrer la crise de confiance des citoyens envers leurs institutions démocratiques, les journalistes, les médias, les pouvoirs publics et les élus« , elle propose de créer un statut intermédiaire entre l’éditeur de l’information (journaliste, rédacteur,…) et le site internet hébergeur. 

Les plateformes échappent à notre mode de responsabilité et de régularisation. Les contenus sponsorisés doivent être plus clairs, surtout en période de campagne électorale.

Françoise Nyssen, ministre de la Culture

Le CSA, dans le monde de l’audiovisuel, recevra la capacité de gérer, d’évaluer la coopération « anti fake news » des plateformes internet, ces dernières devant e regrouper et partager leurs informations afin de supprimer les fausses informations.

Au-delà de ces propositions, la ministre va plus loin dans l’assistanat des français en affirmant que les citoyens n’ont pas la capacité de discerner vraies et fausses informations. Ce qui aurait pour conséquence de légitimer la création d’une institution « indépendante » permettant de faire ce travail pour eux.

Il ne faut pas céder à la démagogique en renvoyant à la seule capacité de discernement des citoyens.

Françoise Nyssen, ministre de la Culture

Le retour de la pensée unique ?

Comme le précise Françoise Nyssen, la révolution numérique a permis « la multiplication des sources d’informations et l’accélération de la diffusion de l’information, jusqu’à six fois plus vite« . Seulement, il semblerait que pour elle, le fait que chaque français ait accès à plusieurs sources différentes d’informations et puisse se forger sa propre opinion en emmagasinant un maximum de données ne soit pas une bonne chose. 

Pire, elle explique que le CSA pourrait « publier une liste noire de sites de désinformations. [Il pourrait aussi] labeliser l’information. » Pour la ministre, le risque d’une décision arbitraire est écarté car ces décisions seraient soumises au juge administratif.

Néanmoins ! Sans digresser sur l’indépendance du CSA, il est important de rappeler que trois membres du collège de conseillers à sa tête son nommé par le président de l’Assemblée Nationale, trois autre par le président du Sénat, et le président du collège est directement nommé par le président de la République. Indépendance…

Alors que le CSA puisse avoir la compétence, même sous contrôle du juge administratif, de valider si oui ou non une information est vraie ou non, de la promouvoir ou de la supprimer, fait courir le risque du retour d’une certaine pensée unique. Qu’adviendra-t-il des médias sur internet qui ne sont pas subventionnés par l’Etat ? Surtout si ces derniers proposent des réflexions différentes ? Ou pire, qu’ils révèlent quelques scandales étatiques ?

De même, Françoise Nyssen affirme qu’il faille redorer le blason des médias actuels face aux médias sur le web. On pourrait crier à l’hypocrisie lorsque l’on repense aux actions du gouvernement pour déstabiliser les médias traditionnels. Pour rappel, lors de l’évacuation de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes, ce sont des gendarmes qui fournissaient les images. De même lorsque les services de l’Elysée demandaient aux photographes de sortir de l’usine Toyota d’Onnaing alors qu’Emmanuel Macron y était en visite. Les exemples ne manquent pas.

Reste donc à savoir ce qui est le plus préoccupant : que la ministre de la Culture affirme que le français moyen n’est pas capable de s’informer correctement et donc de se forger sa propre opinion, légitimant son assistanat ; ou que la ministre justifie le risque d’un retour à une pensée unique ? 

Chez Décider & Entreprendre, chacun sera libre de se faire sa propre idée.

 L’étude annuelle de l’agence Jin sur la confiance des français dans les médias digitaux montre qu’ils ont tendance à avoir assez confiance dans les informations glanées sur le web. Ainsi, le taux de confiance concernant les informations d’actualité grimpe à près de 70% en 2017. Des taux qui atteignent 74% et 72% en Allemagne et au Royaume-Uni.

Cependant, il faut noter que ce taux chute fortement lorsqu’il est question d’informations trouvées sur les réseaux sociaux. Twitter ne recueille que 30% d’indice de confiance. 

Source : Décider et Entreprendre

Le mercredi 14 mars 2018, Bertrand Delais était nommé à la présidence de la chaîne de télévision LCP, « La Chaîne Parlementaire ». Une élection vivement critiquée pour les rapprochements plus qu’appuyés avec Emmanuel Macron.

Le 12 avril 2018, Sibyle Veil était nommée présidente de Radio France. Là encore, son élection fait polémique pour ses affinités avec Emmanuel Macron. 

3 commentaires sur Loi anti fake news : pour la ministre de la Culture, les français ne sont pas capables de discerner vraies et fausses infos

  1. C’est tout à fait cohérent avec l’attitude qui se généralise chez les médiacrates et les politiciens de mépris des Français et de volonté manifestement autoritaire: il faut faire de la « pédagogie » (sous-entendu les Français sont trop bêtes, ils n’ont pas bien compris), les Français sont « complotistes à 79% » (l’étude de la fondation Jean Jaurès est un biais méthodologique appliqué sur des questions d’une totale mauvaise foi), et autres diabolisations des « imbéciles » ou des « salauds » qui votent FN alors qu’on leur explique depuis 30 ans que c’est *mal*, sans même parler de l’opprobre jeté sur le mot « populisme » (le peuple, manifestement, est un truc dégueulasse et dégradant).

    La tentation autoritariste ce n’est pas que pour les autres. La destruction des maigres pouvoirs restant aux députés et sénateurs est un pas de plus, qui sera applaudi par tous les contempteurs du peuple, de la France et de la démocratie.

  2. Les français manquent de discernement et sont incapables de faire le tri entre les fakes news et les vraies infos !
    Et bien qu’elles nous donnent des exemples, que l’on étudie la réaction des français face aux news officielles délivrées par les médias traditionnels, que l’on sait aujourd’hui, fausses.
    -« Il n’y a pas de monté de l’intégrisme dans les citées, c’est le FN qui invente cela pour diviser les Français et attiser la haine de l’étranger ». C’était la version officielle des médias nationaux, est-ce que les Français ont gobé ce mensonge et ce déni de réalité? bien sûr que non.
    -« Les étrangers musulmans éprouvent le désir de s’intégrer et de vivre comme tous les Français, c’est le racisme du FN qui les stigmatise » C’était la version officielle des médias nationaux, est-ce que les Français se sont laissés berner ? Bien sûr que non, et malgré la chasse à l’homme lancée par les médias, les juges et les associations pro islamisme, pour interdire toute dénonciation de la vérité, Tout le monde savait que c’était faux et l’on s’en rend compte aujourd’hui.
    -« Il n’y a aucune partition dans les citées, c’est un mensonge inventé par les racistes pour diviser les Français, en attisant la peur des musulmans » Version officielle des médias nationaux, la grande majorité des Français savaient que c’était faux, et que cette situation était réelle est grandissante.
    – » Les médias donnaient des prénoms Français ou cachaient l’origine des criminels dans les faits divers et sur les ondes » Les français ne se se faisaient pas berner et savaient trés bien de quelles origines étaient les inculpés ou agresseurs.
    -Dernièrement l’affaire du Pénélope Gate lors des dernières élections, tous les médias nationaux et chroniqueurs inculpaient à demi mot, François Fillon et son épouse, les Français, eux, savaient qu’aprés les élections et la victoire de Macron, nous n’entendrions plus parler de cette affaire.
    Plus loin, le nuage de Tchernobyl, arrêté miraculeusement aux Frontières nationales. Les Français savaient que c’était faux.
    Ces dernières années: Tous les procès de corruption ou détournements de fonds publics ne touchaient que la droite dans les médias. Les Français en se renseignant, ont découvert que proportionnellement, c’était les hommes politiques de gauche, qui étaient le plus condamné en France, pour ces faits. Etrange….. Pourtant les médias ne relayaient que les affaires touchant les hommes politiques de droite. Une exception avec l’affaire Cahuzac tout de même, où la justice a mit trés longtemps avant de vouloir ouvrir le dossier….

    Bref ! Les Français ne sont pas dupes !

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