L’université française au bord de l’implosion et du conflit social

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L’université française va mal, dans une indifférence générale. L’actualité vient d’en fournir deux exemples marquants.

L’université de Grenoble fait un plan social

Cette information est un signe de profond malaise: l’université de Grenoble-Alpes va lancer un plan social pour équilibrer ses comptes:

C’est une réalité, chaque année la masse salariale augmente à l’université. Cela s’appelle le GVT, le Glissement Vieillesse Technicité, un vieillissement mécanique du personnel qui coûte cher à l’université.

“On a des masses salariales qui augmentent à payer, en revanche l’Etat nous verse la même masse salariale soit environ 1,7 million par an de masse salariale non compensée qui se cumule”, explique Lyse Dumasy, présidente Université Grenoble Alpes. (…)

“Même si 15 postes par an tout compris, ce n’est pas rien, par rapport aux 5500 postes en tout, c’est quand même une toute petite proportion”, affirme Lyse Dumasy.

Un discours que refusent d’entendre les syndicats qui en appellent à l’Etat pour sauver les postes en perdition et envisage de saisir le tribunal administratif.

L’université d’Aix victime de risques psycho-sociaux en série?

À Aix, la situation semble encore plus tendue:

Réunir trois universités, quelque 70 000 étudiants et 7 900 agents en une seule entité était un défi. Il a été relevé par Aix-Marseille université (Amu). Mais cinq ans après la fusion, les syndicats CGT, FSU et Sud tirent la sonnette d’alarme. (…)

Ce que demandent ces syndicats, c’est la publication sur le site interne d’Amu du rapport rédigé par le cabinet Cateis, spécialisé dans les risques psychosociaux. Réalisé à la demande du CHSCT, il pointerait les écueils de la fusion. “Le président Yvon Berland l’a accepté mais à ce jour, ce rapport n’a toujours pas été publié sur le site de l’université”, regrette Caroline Mauriat. Pour Sébastien Demarque, enseignant-chercheur et élu Sud au conseil d’administration, cela s’expliquerait par le fait qu’“Aix-Marseille université est gérée comme une marque qu’il faut préserver”.

Au-delà de ce premier rapport, les élus CGT, FSU et Sud réclament “un vrai plan de prévention des risques psychosociaux réalisé par le CHSCT avec le soutien d’un cabinet extérieur à Amu”. Les représentants du personnel ont toutefois conscience que le mal-être d’une partie des agents provient aussi de la profonde mutation des universités, consécutive à l’application de la loi LRU. Un changement de mentalité qui peut rappeler ce qu’ont connu de grandes entreprises publiques qui se sont privatisées, parfois à marche forcée.

L’université française a-t-elle digéré l’autonomie?

Huit ans après la loi sur l’autonomie des universités, la situation semble donc loin d’être normalisée…

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