“Maltraitance” managériale à l’hôpital public : le CHU de Nantes répond

Nous vous parlions lundi 27 novembre d'un possible cas de "maltraitance" managériale au CHU de Nantes, dénoncé par un praticien neuropédiatre en arrêt depuis septembre 2015. Elle avait écrit une lettre à Agnès Buzyn dont une copie avait été récupérée par un média. L'hôpital a répondu à notre mail.

Nous avons contacté le CHU de Nantes afin de savoir où en est l'affaire de dénonciation d'une "maltraitance" managériale au sein du service de pédiatrie. L'hôpital nous a répondu par mail avec un communiqué, très évasif. La situation n'a pas vraiment bougé, malgré les quelques mesurettes mises en place.

L'hôpital parle d'une situation "particulière et isolée"

Dans ce fameux communiqué, le CHU de Nantes remet la situation en contexte. Rien de nouveau par rapport à ce que l'on a expliqué dans notre article, mis à part que l'hôpital parle d'un cas isolé à propos du praticien qui a envoyé en septembre un courrier d'alerte à la ministre de la Santé.

Aucun confrère de son pôle ou représentant de la direction n'a alors été informé de cette démarche. Cette situation, particulière et isolée, n'a pas entraîné à l'époque d'autre signalement. Pour autant, la gouvernance médico-administrative du CHU a travaillé à la mise en place d'un plan d'action afin de conforter les effectifs médicaux de neuro-pédiatrie et de formaliser un partenariat dans cette discipline avec le CHU d'Angers.

Et sur ce plan d'action, on ne nous dit rien non plus. L'hôpital reste très évasif sur le sujet.

Toujours pas d'inspection en vue

Puis on apprend que c'est à la suite d'un second courrier datant d'octobre 2017, que l'hôpital de Nantes commence à régir. Un second praticien a fait part de sa volonté de se mettre en arrêt de travail.

Au regard de cette seconde situation, la gouvernance médico-administrative du CHU a souhaité, en concertation avec les médecins responsables du secteur et la médecine du travail, étoffer les actions déjà mises en place en neuro-pédiatrie et les élargir à l'ensemble du secteur de pédiatrie.

On nous parle de "l'augmentation de la fréquence des réunions du comité de direction de la pédiatrie" qui passent de mensuelles à hebdomadaires, avec notamment la présence des représentants des 6 disciplines du service. Ce comité a pour objectif "d'examiner collégialement la prospective médicale du service et les demandes individuelles des praticiens hospitaliers". Une diffusion de l'organisation collégiale du pilotage du service aurait également été faite.

Des mesures qui restent légères au regard de la gravité du cas dénoncé par les praticiens. Et alors qu'une vingtaine de pédiatres demandaient l'intervention de l'Inspection générale des affaires sociales (Igas), cette dernière n'a toujours pas été mobilisée. Le CHU de Nantes a préféré mobiliser le président de la société française de pédiatrie. Une mesure "forte" selon l'hôpital...

Quand on demande au CHU de Nantes où en est la demande des praticiens d'une inspection de l'Igas, elle répond : "A l'initiative du CHU, une mission d'accompagnement a été mise en place sous l'égide du président de la société française de pédiatrie. Au regard de cette mesure forte, l'IGAS n'a pas, à ce jour, été mobilisée.

La réponse du CHU de Nantes en intégralité

Arrêtée depuis novembre 2015, un praticien neuropédiatre au CHU de Nantes, a adressé le 11 septembre 2017 un courrier à la Ministre de la Santé, dans lequel il fait état, à son sens, de cas de maltraitance de médecins hospitaliers au sein du service de pédiatrie du CHU. Aucun confrère de son pôle ou représentant de la direction n'a alors été informé de cette démarche. Cette situation, particulière et isolée, n'a pas entraîné à l'époque d'autre signalement. Pour autant, la gouvernance médico-administrative du CHU a travaillé à la mise en place d'un plan d'action afin de conforter les effectifs médicaux de neuro-pédiatrie et de formaliser un partenariat dans cette discipline avec le CHU d'Angers.

Par courrier en date du 27 octobre 2017, un praticien endocrino-pédiatre, a fait part de son souhait de se mettre en arrêt de travail. Au regard de cette seconde situation, la gouvernance médico-administrative du CHU a souhaité, en concertation avec les médecins responsables du secteur et la médecine du travail, étoffer les actions déjà mises en place en neuro-pédiatrie et les élargir à l'ensemble du secteur de pédiatrie. Les actions suivantes ont ainsi été mises en place :

- Augmentation de la fréquence des réunions du comité de direction de la pédiatrie associant, autour du chef de service, les 6 représentants des disciplines présentes dans le service, la direction médicale du pôle et un représentant de la direction. Ces réunions sont passées d'un rythme mensuel à un rythme hebdomadaire. Le comité a pour objet d'examiner collégialement la prospective médicale du service et les demandes individuelles des praticiens hospitaliers.

- Diffusion à l'équipe du service de pédiatrie du plan d'action arrêté et de l'organisation collégiale du pilotage du service. Cette diffusion a été faite.

A l'initiative du CHU et dans le cadre du suivi de ce plan d'action, déjà en place depuis un mois, il a été décidé d'un niveau d'action complémentaire avec la mise en place d'une mission d'accompagnement placée sous l'égide du Président de la société française de pédiatrie. Cette mission débutera dans les prochains jours.

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