Marlène Schiappa veut réformer le congé maternité des indépendantes avant l’été

Marlène Schiappa, secrétaire d'État au droit des femmes, a expliqué aujourd'hui son intention de mettre en place avant l'été le congé maternité unique dont Emmanuel Macron avait parlé durant la campagne. L'opération risque d'être cocasse. 

L'idée vaudra vraiment le détour. La secrétaire d'État au Droit des Femmes se donne quelques semaines seulement pour créer un droit unique au congé maternité. L'intention est généreuse. Le calendrier paraît peu vraisemblable car, au cas où elle ne l'aurait pas remarqué, le congé maternité est financé par les cotisations des assurés. Unifier les prestations suppose d'unifier le calcul des cotisations. Réaliser cette opération avant l'été paraît, compte tenu de la complexité des sujets et de leur sensibilité financière extrême, totalement irréaliste. 

Quel impact pour les indépendantes?

Toute la difficulté consistera, bien entendu, à aligner les indépendantes sur le congé des salariés. Or le RSI discrimine fortement les femmes

Une remise en ordre serait bienvenue, mais comment la réussir en si peu de temps, sans la bâcler ou sans passer à côté des sujets?

Rappelons en particulier que le statut de conjoint salarié mérite plus qu'un nettoyage de façade... mais une véritable reconstruction.

On prend donc les paris de l'inanité par avance de cette annonce. Pour respecter la promesse faite, outre que Marlène aura besoin d'une majorité parlementaire, elle devra surtout expliquer comment elle finance l'amélioration des prestations qu'elle permet.

De deux choses l'une, soit le gouvernement dépense sans compter et selon la bonne technique schiappienne, elle ordonne et on exécute. Soit le gouvernement tient effectivement à respecter l'engagement des 3% pris devant Bruxelles, et il faudra bien qu'il dise où il coupe pour financer la mesure. 

Vite, un cours de finances publiques pour Marlène. 

« Les femmes salariées ont un congé maternité d’une cinquantaine de jours, qui est plutôt bien rémunéré, plutôt correctement. En revanche, par exemple, les femmes qui sont pigistes, autoentrepreneuses, intermittentes du spectacle, en profession libérale – avocates, médecins, etc. – ont des congés maternité épars, moins bien rémunérés et surtout beaucoup plus courts. L’idée, c’est de protéger les femmes avant les statuts. »
Le Monde
1er juin 2017

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