Le MEDEF compte 77 fédérations patronales adhérentes: en voici la liste

Selon un principe discutable, le MEDEF limite aux seuls membres du Conseil Exécutif l’information sur la répartition des sièges lors de l’élection à la présidence. Nous publions cette liste aujourd’hui. Elle montre que, sur 375 électeurs issus des fédérations (indépendamment du collège des territoires, donc), plus de 70 appartiennent à des fédérations financières (banque, assurance, sociétés de gestion, etc.

Nous publions ci-contre la répartition des sièges au MEDEF par ordre décroissant, telle qu’elle a été adoptée par le Conseil Exécutif du 5 février 2018. Cette liste austère mérite quelques explications supplémentaires. 

MEDEF: une procédure syndicale classique, mais obsolète

Rappelons que le MEDEF compte plusieurs dizaines de milliers d’entreprises adhérentes (autour de 150.000, soit moins de 10% des entreprises), mais qu’il compte moins de 600 électeurs! Cette disproportion n’est pas choquante en soi. Elle est conforme aux procédures syndicales classiques. Entendons par là: aux procédures de syndicats de salariés…

Mais c’est aussi probablement ce qui la condamne ou, en tout cas, lui donne des apparences obsolètes. Il est en effet difficile d’expliquer pour quelle raison chaque entreprise ne peut voter… et que le corps électoral soit aujourd’hui aussi réduit. En termes d’affichage démocratique, ces logiques anciennes sont de moins en moins audibles.

Des choux et des carottes

Dans la pratique, la répartition des voix entre fédérations est liée au montant de cotisations acquittées par chacune d’entre elles. La méthode de calcul se tient et est, au fond, assez objective. 

Elle montre toutefois les limites de l’exercice. Ce serait une erreur de croire que le MEDEF est une copie conforme de l’intérêt économique général. Il seulement la voix des plus riches, des plus influents. Et tant pis si ceux-là ont des intérêts qui ne correspondent pas à ceux de l’économie française dans son ensemble. 

La loi de l’argent, de la cotisation, est la seule qui permette d’additionner de façon rationnelle des activités hétéroclites. Entre la BNP et Airbus, quelle entreprise doit avoir le plus de poids? En bout de course, celle qui paie le plus son porte-parole.

Un autre critère de sélection supposerait une intelligence supérieure, une sorte d’autorité hiérarchique, qui dise une vision du monde ou une préférence. La définition même du syndicalisme exclut ce principe de « verticalité ». 

Le MEDEF et son manque de transparence

Cela signifie-t-il que la procédure électorale du MEDEF soit complètement transparente? Certains esprits perfides émettront quelques doutes sur la constitution des listes électorales et sur la pondération des sièges. C’est un problème récurrent au MEDEF, déjà connu avant Pierre Gattaz.

Surtout, le mode de diffusion des informations pose un vrai problème. Certains candidats à la présidence y ont accès et pas d’autres. Et comme il faut 50 parrainages pour pouvoir déposer sa candidature… On mesure d’emblée la rupture d’égalité dans le traitement des candidats. 

77 fédérations adhérentes sur plus de 300 branches

On notera sur le fond la relative étroitesse de la base électorale du MEDEF. La liste des électeurs regroupe 77 fédérations. Certaines sont redondantes ou connexes, et se partagent parfois la même convention collective. Si l’on met côte-à-côte les fédérations industrielles, on s’aperçoit que, d’une certaine façon, le MEDEF pratique un relatif entre-soi et peine à réunir toute l’économie française. 

La France compte en effet plus de 1000 conventions collectives, plus de 700 branches professionnelles, dont 300 de portée nationale. Certes, certaines sont adhérentes à des fédérations génériques comme l’UIMM ou le SYNTEC. Il n’en reste pas moins qu’avec 77 fédérations adhérentes seulement, le MEDEF ne peut revendiquer l’exhaustivité de la représentation économique française. 

C’est une leçon forte à retenir: la voix du MEDEF est loin d’exprimer toute l’économie française. 

Une pondération biaisée

On notera d’ailleurs des anomalies dommageables dans cette liste. 

Par exemple, le textile ne dispose que de 3 sièges, et l’économie numérique de 2. L’association française de gestion dispose de 5 sièges. On se demande si tout cela est bien raisonnable. 

Le textile est une industrie honorable. Mais il pèse plus que les start-up, et moins que les fonds d’investissement. En soi, cette comparaison dit tout sur l’obsolescence du MEDEF en tant que tel. En réalité, le syndicat patronal exsude la rente. Il ne représente pas la croissance, ni la France de demain. Il ne représente pas vraiment la France d’aujourd’hui. Tout juste s’il représente les entrepreneurs d’hier, devenus les rentiers d’aujourd’hui qui freine des 4 fers pour éviter leur déclin demain.

Sur quoi débouchera la présidence du MEDEF?

L’élection commence à entrer dans sa ligne droite. Le processus électoral n’en finira probablement pas de soulever des questions qui pèseront sur la suite. Pour la première fois, en effet, le malaise lancinant du MEDEF s’exprime sur son excès de consanguinité et d’entre-soi. Et il n’est pas impossible que le malaise finisse par se transformer en problème majeur. 

 

 

 

Nom

Voix

UIMM

34

FFA

33

FBF

30

FFB

20

FCD

16

SYNTEC

16

FNTP

14

FEFIS

13

PRISME

12

CCFA

10

UFE

10

GIFAS

9

GITL

9

UIC

8

FEBEA

7

ANIA

6

FHP

6

UNETEL-RST

6

AFG (gestion)

5

SNRC

5

CGI

4

FIM

4

UFIP

4

SNARR

4

AFG (gaz)

3

UCV

3

FNADE

3

FIEEC

3

FFF

3

UMIH

3

FP2E

3

Plasturgie

3

FEP

3

ASF

3

UIT

3

Aluminium France

2

UNIFA

2

UNICEM

2

SFIC

2

CNPA

2

FIEV

2

FFP

2

FNAIM

2

Minerais A3M

2

SOP

2

COPACEL

2

FIPEC

2

FPI

2

UNIMEV

2

FCSIV

2

AFNUM

1

FIB

1

FFC

1

FC2A

1

AACC

1

FFEC

1

Domaines ski

1

SNEP

1

FEDENE

1

CNETH

1

FNB

1

FICIME

1

FIGEC

1

France Invest

1

UPRIGAZ

1

UFIMH

1

UNIIC

1

UNIT

1

FJP

1

AMAFI

1

USP

1

FESP

1

SYNERPA

1

FFTB

1

USI

1

FEVAD

1

FVD

1

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