Les meilleures écoles du monde sont à Singapour

Temps de lecture : 5 minutes

Cet article a été lu 1248 fois

06/12/2016 – Singapour arrive devant le reste du monde dans le classement de la dernière enquête PISA de l’OCDE, qui évalue la qualité, l’équité et l’efficacité des systèmes scolaires. Les pays de l’OCDE les plus performants sont le Japon, l’Estonie, la Finlande et le Canada.

Près de 540 000 élèves de 15 ans dans 72 pays et économies ont été soumis aux épreuves de sciences, de compréhension de l’écrit, de mathématiques et de résolution collaborative de problèmes de l’enquête PISA 2015 de l’OCDE. L’enquête a principalement porté sur les sciences, les compétences dans ce domaine revêtant une importance grandissante dans l’économie et la société d’aujourd’hui.

Si les dépenses par élève dans l’enseignement primaire et secondaire ont augmenté de presque 20 % depuis 2006 dans les seuls pays de l’OCDE, seulement 12 des 72 pays et économies ayant participé à l’enquête PISA ont vu leurs résultats en sciences progresser au cours de cette période. Parmi eux figurent des systèmes éducatifs très performants, comme Singapour et Macao (Chine), et des systèmes peu performants, comme le Pérou et la Colombie.

 

 

« Les grandes innovations scientifiques des dix dernières années n’ont pas entraîné de progression majeure des résultats en sciences à l’école », a déclaré Angel Gurría, Secrétaire général de l’OCDE, à Londres lors de la présentation du rapport. « Chaque pays possède une marge de progression, même ceux qui enregistrent les meilleurs résultats. Compte tenu des niveaux élevés du chômage des jeunes, du creusement des inégalités, des grandes disparités entre les femmes et les hommes, et de l’urgence de renforcer la croissance inclusive dans de nombreux pays, il faut faire davantage pour s’assurer que tous les enfants reçoivent la meilleure éducation possible ». Lire le discours en anglais seulement.

 

Près d’1 élève sur 10 dans les pays de l’OCDE, et 1 sur 4 à Singapour, obtient des résultats très élevés en sciences. Dans l’OCDE, plus d’un élève sur cinq n’atteint pas le niveau de compétences de base dans cette matière : seuls le Canada, l’Estonie, la Finlande, Hong Kong (Chine), le Japon, Macao (Chine), Singapour et le Viet Nam comptent au moins neuf élèves de 15 ans sur dix qui maîtrisent les savoirs fondamentaux que chaque élève devrait posséder avant de quitter l’école.

 

Cette situation met en exergue le défi que représente, pour tous les pays y compris pour certains des plus riches de l’OCDE, la réalisation de l’objectif de développement durable n° 4 à l’horizon 2030, à savoir « assurer une éducation inclusive et équitable de qualité et promouvoir des possibilités d’apprentissage tout au long de la vie pour tous ».

 

Le rapport indique les grandes orientations générales que partagent les pays performants : des attentes élevées pour tous les élèves, une grande attention accordée à la qualité de l’enseignement, l’affectation de ressources aux élèves et aux établissements en difficulté, et la volonté de mettre en œuvre des stratégies cohérentes à long terme.

 

Le Canada, le Danemark, l’Estonie, Hong-Kong (Chine) et Macao (Chine) atteignent à la fois des normes élevées d’excellence sur un plan général et les objectifs d’équité en ce qui concerne les résultats scolaires. Un certain nombre de pays ont progressé en termes d’équité, notamment les États-Unis. Toutefois, en Australie, en Finlande, en Grèce, en Hongrie, en Nouvelle-Zélande, en République slovaque et en République tchèque, la part des élèves très performants a diminué tandis que celle des élèves peu performants a augmenté.

 

« Parvenir à une plus grande équité dans l’éducation n’est pas seulement un impératif de justice sociale ; c’est aussi un processus qui stimule la croissance économique et favorise la cohésion sociale », a ajouté M. Gurría.

 

L’enquête PISA 2015 de l’OCDE souligne que, dans un contexte de flux d’informations massifs et d’évolution rapide, chaque individu doit aujourd’hui être capable de « réfléchir de façon scientifique », c’est-à-dire de comparer des données pour parvenir à une conclusion ou de comprendre que la « vérité » scientifique peut changer au fil du temps, avec les nouvelles découvertes, et à mesure que les individus acquièrent une meilleure compréhension des forces de la nature et des capacités et limites de la technologie.

 

D’autres données essentielles ont été observées :

 

Écart entre les filles et les garçons

 

  • L’écart entre les filles et les garçons en sciences a tendance à être moins marqué que celui en compréhension de l’écrit et en mathématiques mais, en moyenne, dans 33 pays et économies, la part des élèves les plus performants en sciences est plus élevée chez les garçons que chez les filles. La Finlande est le seul pays dans lequel les filles sont plus susceptibles d’obtenir de meilleurs résultats que les garçons dans cette matière.

 

  • Un élève sur quatre, filles et garçons confondus, a déclaré aspirer à exercer plus tard une profession dans le domaine des sciences, mais les choix étaient très différents selon le sexe : les filles envisagent pour la plupart d’embrasser une carrière dans le secteur de la santé, et les garçons de travailler dans les TIC, la recherche scientifique ou l’ingénierie.

 

Équité dans l’éducation

 

  • Le Canada, le Danemark, l’Estonie, Hong Kong (Chine) et Macao (Chine) atteignent des niveaux élevés de performance et d’équité en ce qui concerne les résultats scolaires.

 

  • Les élèves défavorisés sont trois fois plus susceptibles que les élèves plus aisés d’être en difficulté à l’école ; quant aux élèves issus de l’immigration, ils sont plus de deux fois plus susceptibles que les élèves non issus de l’immigration d’avoir des résultats scolaires médiocres.

 

  • En moyenne, dans les pays qui comptent une part relativement importante d’élèves issus de l’immigration, le fait de fréquenter un établissement scolaire à forte concentration d’élèves issus de l’immigration n’est pas associé à de moins bons résultats scolaires, une fois pris en compte le statut socioéconomique des élèves qui fréquentent l’établissement.

 

Performances des élèves en compréhension de l’écrit et en mathématiques

 

  • Près de 20 % des élèves des pays de l’OCDE, en moyenne, n’atteignent pas le niveau de compétences de base en compréhension de l’écrit. Cette proportion est stable depuis 2009.

 

  • En moyenne dans les pays de l’OCDE, l’écart entre les filles et les garçons en compréhension de l’écrit, qui est favorable aux filles, a diminué de 12 points entre 2009 et 2015 : les résultats des garçons ont progressé, notamment chez les plus performants, tandis que les résultats des filles se sont dégradés, en particulier chez les moins performantes.

 

  • Plus d’un élève sur quatre à Beijing-Shanghai-Jiangsu-Guangdong (Chine), à Hong Kong (Chine), à Singapour et au Taipei chinois est très performant en mathématiques, ce qui est plus élevé que partout ailleurs.

 

Performances des établissements d’enseignement

 

  • Les résultats en sciences et les aspirations professionnelles dans le domaine des sciences sont davantage liés au temps consacré à l’apprentissage par les élèves et à la façon dont cette matière est enseignée qu’aux ressources matérielles et humaines des départements scientifiques et aux qualifications des enseignants dans cette matière.

 

  • Les élèves des établissements scolaires de grande taille obtiennent de meilleurs résultats en sciences et sont plus susceptibles que les élèves des établissements plus petits d’aspirer à exercer plus tard des professions dans le domaine des sciences. Mais les élèves des établissements plus petits rendent compte d’un meilleur climat de discipline pendant les cours de sciences, et ils sont moins susceptibles que les élèves des établissements de grande taille de manquer des jours de classe et d’arriver en retard en cours, une fois pris en compte le statut socioéconomique des établissements et des élèves.

 

  • Trente pays et économies ont eu moins souvent recours au redoublement en 2015 qu’en 2009 ; la fréquence du redoublement n’a augmenté sur cette période que dans cinq pays. Le recours au redoublement a diminué d’au moins 10 points de pourcentage au Costa Rica, en France, en Indonésie, en Lettonie, à Macao (Chine), à Malte, au Mexique et en Tunisie.
print

Soyez le premier à commenter

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*


Lire les articles précédents :
Comment la gauche libérale a inventé la « post-vérité »

Article publié sur le site The Conversation, sous la signature d'Andrew Calcutt. « Post-vérité » : c’est le néologisme que le dictionnaire de...

Fermer