Discrimination : Et si le gouvernement se penchait d’abord sur les entreprises publiques ?

L'entreprise ferroviaire a été condamnée par la cour d'appel d'Aix-en-Provence pour discrimination en raison du sexe et de l'appartenance à un syndicat. L'ex-employée déplorait une ambiance misogyne et une carrière ralentie. 

Il n'y aurait donc pas que les grands groupes privés qui pratiqueraient la discrimination. Les établissements publics à caractère industriel et commercial (EPIC) sont aussi concernés puisque la SNCF vient d'être condamnée par la Cour d'appel d'Aix-en-Provence à verser 99 362€ de préjudice matériel à un ex-salariée, première contrôleuse de train en France . 

Moqueries puis agression...

L'affaire remonte à 1980 dans l'Etablissement commercial trains de Marseille, date à laquelle la plaignante prend ses fonctions. A cette époque, elle raconte arriver au milieu d'une ambiance misogyne sur son lieu de travail, où les moqueries et les remarques sexistes fusent. Des accusations corroborées par l'un de ses anciens collègues qui explique qu'il était courant d'entendre "pas de gonzesses dans les trains". 

Il raconte aussi qu'en 1991, la jeune femme est victime d'une agression "dans l'exercice de ses fonctions par un agent de terrain ivre". Seulement, il ajoute aussi qu'elle n'a reçu "aucun soutien de l'entreprise et avait gagné seule son procès.

Jusqu'à la discrimination syndicale

En plus de ces accusations déjà lourdes, la plaignante rapportait avoir été rétrogradée à des tâches subalternes qui ne correspondaient pas à ses compétences, s'estimant victime de discrimination syndicale. Une étude comparative sur sept salariés diplômés en même temps vient avérer ces faits puisqu'elle indique qu'elle a été la dernière à accéder au statut de cadre, avec en prime, un salaire brut inférieur de 700€ à celui des hommes non-syndiqués. De son côté, la SNCF n'a pu fournir aucun élément expliquant cette différence de salaire. 

Son évolution aurait aussi été délibérément freinée car elle n'a été convoquée à aucun entretien individuel annuel entre 2009 et 2013, rendez-vous obligatoire pour grimper dans la hiérarchie de l'entreprise. Pour ces refus de postes répétés plongeant la contrôleuse dans un état dépressif, la SNCF avait déjà été condamnée à verser 20 000€ au titre de préjudice moral.

Le "name and shame" est-il possible contre la SNCF ?

En déplacement à Tourcoing, Emmanuel Macron en a profité pour dévoiler son plan pour la politique de la ville en rappelant son intention de "lutter contre les discriminations". Dans ce cadre, il veut continuer à s'appuyer sur le "name and shame", une pratique institutionnalisée par le précédent gouvernement qui consiste à rendre public les noms des entreprises qui ont les pires pratiques discriminantes. 

Jusque-là, elle concernait surtout le domaine privé. Seulement, depuis quelques années, on constate que les entreprises publiques ne sont pas en reste, en particulier la SNCF. Notons qu'elle vient tout juste d'être condamnée à verser 40 000€ à un autre salarié victime de discrimination en raison de son origine. Et quand on pense que la SNCF est encore engluée dans le procès des "chibanis", on se dit que le gouvernement devrait d'abord se pencher sur les cas des entreprises publiques. 

" Pas de gonzesses dans les trains ! "

Un salaire brut inférieur de 700€ à celui de ses collègues hommes non-syndiqués. 

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