Mort de Castro: une anthologie des plaidoyers pour le totalitarisme

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La mort de Fidel Castro donne l’occasion d’un prurit régressif sur les bienfaits de la dictature. Ceux qui n’ont pas de mots assez durs sur toute une série de régimes abominables trouvent des mots doux à prononcer sur le régime castriste et la sympathie qu’il peut inspirer. Cette discrète nostalgie pour la bonne époque où le marxisme-léninisme imposait sa loi méritait bien une petite anthologie et son décodage.

Castro, le De Gaulle cubain?

France 24 publie une interview drolatique de Stéphane Witkowski, enseignant à l’IHEAL (Institut des Hautes Etudes de l’Amérique Latine), rattaché à l’université Paris III. Les réponses de l’intéressé laissent songeurs:

C’est une très grande figure de l’histoire du XXe siècle qui disparaît. Non seulement c’était un rebelle, un révolutionnaire, un stratège qui admirait Napoléon, mais aussi un homme de communication assez exceptionnel, un homme d’État et, par certains aspects, un grand réformateur de Cuba. Il faut rappeler qu’il a réduit un grand nombre d’inégalités sociales dans son pays. (…)

Au delà du bilan du castrisme, les Cubains sont attachés à la personnalité de Fidel. Ils sont fidélistes avant d’être communistes. Ils sont attachés à sa personne comme les Français le sont au général de Gaulle, l’homme de la Résistance et de la libération nationale.

Curieusement, France 24 oublie de préciser que Stéphane Witkowski est un invité régulier de l’association de coopération franco-cubaine, où ses interventions servent de support à des prises de position pro-castristes. L’universitaire oublie étrangement de souligner que Cuba est classé au 69è rang mondial en terme de développement humain. Au demeurant, on rappellera qu’il a fallu attendre la sénilité, puis le départ de Castro, pour le PIB cubain augmente significativement (dans un cycle proche de ses voisins capitalistes d’ailleurs).

Castro
Source: Banque Mondiale

L’Humanité en plein exaltation

Sans surprise, l’Humanité, le quotidien communiste qui ne vit plus que par la grâce du contribuable, ne tarit pas d’éloge sur le dictateur des Caraïbes. On relèvera cet article époustouflant en une:

Lorsqu’on évoque le manque de libertés à Cuba, ne faudrait-il pas d’abord se poser la question : un pays harcelé, étranglé, en guerre permanente, constitue-t-il le meilleur terreau pour favoriser l’épanouissement de la démocratie telle que nous la concevons en occident et que, à l’instar de George Bush, certains souhaiteraient calquer mécaniquement en d’autres endroits du monde, particulièrement dans le Tiers monde? Lorsque dans les salons douillets parisiens, on juge, tranche, condamne, sait-on au juste de quoi on parle ?

Les journalistes de l’Humanité, c’est bien connu, sont tous mieux placés que nous – eux qui vivent en état de guerre permanent contre le capitalisme… Ah! quelles sont douces les leçons de résistance des communistes français, quasiment fonctionnarisés par un Etat capitaliste qu’ils vomissent, mais dont ils sont heureux de recueillir les subventions. Celles-ci les mettent en excellente position pour justifier la dictature!

Mélenchon se lâche

La dictature d’un seul homme et de ses amis au nom du peuple, de l’égalité, de la “sociale”, du prolétariat, hhhmmmm, miam miam. Le rêve de Mélenchon pour la France s’est incarné à Cuba. D’ailleurs, il appelle à un rassemblement commémorial dans les rues de Paris.

 

Pierre Laurent face à l’émancipation humaine

On appréciera aussi la réaction de Pierre Laurent à cette information. Pour mémoire, Pierre Laurent est secrétaire général du Parti Communiste (français).

“Ca a été dans le XXe siècle, l’un des dirigeants du mouvement d’émancipation humaine. La révolution qu’il a menée a eu lieu à l’époque de la décolonisation et s’inscrivait dans ce mouvement de restauration de la souveraineté des peuples. C’est ça qui restera dans l’Histoire”

Il est fascinant de voir… la fascination des communistes pour la dictature, et leur capacité à confondre émancipation humaine et emprisonnement politique.

Ne pas oublier qu’insoumission rime avec oppression

Ces petits rappels ne sont pas inutiles. L’extrême gauche française est profondément nostalgique de la répression et n’aime pas les libertés publiques. Elle est toujours prête à justifier leur abrogation, et la brutalité qui l’accompagne.

Ne jamais l’oublier, à l’approche des présidentielles…

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A propos Éric Verhaeghe 148 Articles
Fondateur de Tripalio, auteur.
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