Naïma Moutchou, rapporteure du projet de loi anti-fake news qui partage elle-même des fake news

Alors que le projet de loi contre les fakes-news a été adopté par l’Assemblée Nationale, bien qu’il soit traîné devant le Conseil Constitutionnel, la rapporteure du texte se retrouve engluée dans un improbable imbroglio. Alors qu’on pourrait penser qu’elle soit la mieux informée sur le sujet, Naïma Moutchou (députée LaREM) a relayé une fake-news des plus grossières. 

L’image ne faisait pas un doute. Alors que BFM Tv réalisait un reportage sur le déroulé du mouvement des gilets jaunes à Paris, on y voit un homme passer devant la caméra avant de tendre le bras dans ce qui semble être un « salut nazi ». Immédiatement, l’image fait le tour des réseaux sociaux.

Mieux, l’information est reprise par le compte twitter « TeamMacron » mais aussi par Naïma Moutchou qui n’est autre que la rapporteure du projet de loi contre les fake news dont une première partie a été adoptée par l’Assemblée Nationale. Seulement, comble du comble, il s’agit d’une fake-news des plus grossières.

« Honte à ceux qui pietinnent ainsi la République »

Dans un tweet des plus inspirés, Naïma Moutchou dénonce « ceux qui piétinent ainsi la République ». 

Qu’ils sachent que leurs manœuvres n’y changera rien (sic) : nous continuerons à transformer le pays et répondrons à la colère de ceux de nos concitoyens qui manifestent dans le respect de la loi.

Naïma Moutchou, députée LaREM

Oui mais non en fait puisque vous l’aurez remarqué (à moins que la vidéo ait été supprimée), il manque le son à la vidéo publiée. Un élément anodin mais qui change beaucoup de chose et surtout la perception du geste du gilet jaune. Car au moment de son geste, on observe qu’il semble prononcer quelque chose. 

Nos confrères de France Télévisions ont pu retrouver la vidéo originale, avec le son cette fois-ci. Et l’on y découvre que l’homme tendant son bras déclare en même temps « Ave Macron ». Il ne s’agirait donc pas d’un « salut nazi » mais plutôt d’un « salut romain ».

Probablement consciente de son erreur, Naïma Moutchou a retiré son tweet de son compte. Seulement, son message avait déjà fortement circulé. Et d’après le texte qu’elle défendait, une action en justice à son encontre était possible. Heureusement pour elle, pas d’élections à l’horizon.

Mais ce cafouillage, d’autant plus étonnant et marquant qu’il a été perpétré par la rapporteure du projet de loi contre les fake-news, montre bien que le texte sera très difficile à respecter. Typiquement, comment juger en seulement 48h de ce qui relève de la fausse information ou non ?

En tous cas, c’est n’est pas la rapporteure du projet de loi qui pourra nous le dire. 

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