Avant NDDL, l’Etat se voit refuser la construction d’un nouveau port en Île-de-France

forfait

Alors que la décision officielle sur l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes doit être rendue avant fin janvier, l’Etat français vient de subir un premier camouflet dans un dossier très ressemblant. Alors engagé dans la construction d’un port industriel à Carrières-sous-Poissy dans les Yvelines, le tribunal administratif a porté un coup fatal au projet.

La situation concernant l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes est au point mort. Le gouvernement ne semble pas pressé de prendre une décision tant le sujet est épineux. Pour autant, une problématique presque similaire vient de trouver une issue le 11 janvier 2018. 

Voulu depuis les années 1990, l’écoport de Carrières-sous-Poissy devait voir le jour sur l’actuelle marina du port Saint-Louis dans le but de faire la liaison avec l’écopôle actuellement en construction. 

Le tribunal administratif annonce l’arrêt du projet

D’après la décision rendue, le projet de port industriel de 34 Ha ne devrait pas voir le jour. Le tribunal administratif a annulé la déclaration d’intérêt général et l’arrêté du préfet des Yvelines permettant la construction du port. Une décision presque logique quand on observe le déroulement des événements. En décembre dernier, le rapporteur public avait déjà demandé l’abandon du projet

Plusieurs éléments ont pesé dans la décision finale. D’abord, l’absence d’informations sur l’impact du projet aussi bien sur la population que sur l’environnement. Ensuite, il y a une absence totale de connaissance sur les entreprises qui viendraient s’installer dans la zone. Enfin, le rapporteur pointait aussi du doigt des niveaux élevés de nuisances sonores et visuelles. Comme l’aéroport de Notre-Dames-des-Landes…

Un coup de semonce pour l’Etat français ?

Pour autant, il ne s’agit bien là que du port. Le projet concernant l’écopôle devrait lui bien voir le jour. Néanmoins, cette décision, qui est aussi le fruit de nombreuses contestations d’associations, permet de faire quelques suppositions concernant l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes. La différence est que du côté de l’aéroport, la justice a déjà tranché en faveur du projet. 

Néanmoins, on voit avec l’exemple de l’écoport qu’une contestation menée jusqu’au bout a permis l’arrêt des travaux. Qui plus est, de nouveaux éléments sur la plateforme aérienne sont continuellement remis sur le devant de la scène : on pense d’abord au rapport d’expertise voulu par le gouvernement qui montre des complaisances étatiques, et la révélation d’accord entre Etat et partenaires privés.

La décision finale doit donc être rendue avant la fin du mois. Bien heureux celui qui pourra en anticiper la teneur. Mais une chose est sûre, la décision du tribunal administratif arrive au pire moment pour le gouvernement. Surtout, elle vient aussi confirmer qu’il est de plus en plus critiqué mais aussi critiquable quant à sa gestion des grands projets d’infrastructures. 

Après les avis défavorables de l’Autorité environnementale (AE) et du commissaire-enquêteur, les conclusions particulièrement sévères du rapporteur public lors de l’audience du 7 décembre dernier, c’est au tour du tribunal administratif de Versailles de sanctionner ce projet en annulant toutes les autorisations nécessaires à la réalisation de ce port industriel.

Depuis des mois, voire des années, je m’efforce de faire connaître, aux élus locaux, les impacts négatifs en termes sanitaires et environnementaux, cette pédagogie a été payante, puisque la commune de Villennes s’est fermement positionnée contre ce projet dès 2013, le maire de Triel, Joël Mancel, semble avoir un regard nouveau sur ce projet et a vraisemblablement pris conscience des dangers qu’il représente pour les habitants et l’environnement, enfin la députée Michèle de Vaucouleurs a déjà sollicité une intervention du Ministre, estimant que ce projet était « menaçant pour l’équilibre écologique des communes concernées et pour la santé des riverains.

Anthony Effroy (FI), conseiller municipal d’opposition de Carrières-sous-Poissy 

Soyez le premier à commenter

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*


Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Hey, salut toi le lecteur de Décider et Entreprendre.


Ça fait maintenant deux ans que D&E existe et continue de se développer. Et le tout, sans jamais avoir reçu de subvention. Alors depuis maintenant un mois, D&E a décidé et entrepris d'intégrer quelques publicités sur sa homepage, mais aussi au cœur de ses articles. Car D&E rémunère ses équipes.


Derrière D&E se cachent des journalistes, des développeurs informatiques, des responsables communications, mais aussi des éditorialistes de passage. Tout ce petit monde travaille d'arrache-pied pour ramener de l'information fraîche, des points de vues tranchés, mais argumentés et autres gaudrioles à l'un des seuls médias en ligne complètement indépendant, à la ligne éditoriale libre, mais aussi en plein développement.


Alors, voilà, aujourd'hui, cher lecteur, on te demande un petit geste de pas grand-chose. Non, range ton portefeuille (bien que l'on accepte aussi les dons). Non, on te demande juste de désactiver ton bloqueur de pub (Ad-Block, AdThwart, Webmail Ad blocker, etc) le temps de ta navigation sur notre site ou de mettre une exception de blocage qui concerne D&E.


Le simple fait d'afficher les pubs sur notre site nous permet de rémunérer nos « incroyables » équipes. Promis, les publicités ne sont pas invasives ni agressives. On peut même les cacher si on veut (avec la petite croix dessus).


Ça nous ferait vraiment plaisir et ça permettrait qu'on s’achète notre table de ping-pong continue à écrire librement, à titiller les puissances en place, mais aussi à proposer d'autres pistes de réflexion sur des sujets habituellement traités par les médias subventionnés.


Un petit geste pour toi, mais un grand pas pour Décider & Entreprendre.


Merci à toi, ô lecteur de D&E. Et bonne lecture.

Lire les articles précédents :
Des médecins retraités appelés à la rescousse pour sauver un hôpital

Pour lutter contre la désertification médicale, l'hôpital de La Ferté-Macé (Orne) va proposer des consultations assurées par des médecins généralistes...

Fermer