Objet social de l’entreprise: les fantasmes de Monsieur Hulot

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Nicolas Hulot a proposé la semaine dernière d’élargir l’objet social des entreprises à une responsabilité sociale et environnementale. Cette évolution serait intégrée à la prochaine loi PACTE portée par le funeste Bruno Le Maire, dont la méconnaissance de l’entreprise est bien connue. La riposte patronale est incertaine à ce stade…

C’est évidemment la tarte à la crème de la bien-pensance, héritée de la pensée conservatrice du dix-neuvième siècle qui fustigeait l’entreprise et son prolétariat. L’entreprise, c’est sale et c’est vilain. Donc il faut la moraliser en lui imposant d’autres buts que le profit – cette monstrueuse invention des temps modernes qui pervertit l’homme.

Cachez cet objet social que je ne saurais voir…

C’est peut-être l’ultime victoire post-marxiste qui se prépare: la stigmatisation définitive du profit dans l’entreprise. On sait combien la doxa française est fâchée depuis plusieurs décennies avec l’idée que gagner de l’argent soit un but avouable. Il vaut tellement mieux proclamer des ambitions sociales, caritatives, environnementales. Tout cela est beaucoup plus noble. 

Quitte, au passage, à ne pas suivre par les actes la foi qu’on proclame. La révélation du patrimoine automobile de Nicolas Hulot a rappelé avec acuité qu’on pouvait être un prédicateur de vertu sans jamais appliquer dans sa vie personnelle la première des leçons qu’on inflige aux autres. 

Telle est la loi de la technostructure française, selon le principe bien connu du « fais ce que je dis mais ne fais pas ce que je fais ». 

Et encore un lot d’obligations nouvelles

Chemin faisant, donc, la start-up nation d’Emmanuel Macron va imposer de nouvelles obligations aux entreprises. On imagine que, bientôt, il ne faudra plus seulement déposer ses comptes dans les tribunaux de commerce, mais y ajouter des enregistrements en bonne et due forme sur le partage de la valeur et sur le respect des obligations environnementales. 

Ou comment retarder encore un peu plus la fin du chômage de masse. Car tel est bien le propos: certes, la France ne parvient pas, à la différence de ses voisins, à faire reculer le chômage. Certes, elle subit une véritable hémorragie de ses entreprises qui partent à l’étranger. Mais on continue quand même les tours de vis. 

Ainsi, les principaux acteurs de la lutte contre le chômage sont peut-être les chefs d’entreprise, mais on va indéfiniment continuer à alourdir leur fardeau. Jusqu’à ce qu’ils partent, chaque fois qu’ils le peuvent, à l’étranger. 

D’ici là, des dizaines de milliers de chômeurs, qui s’entendent répéter à longueur de journées que le droit les protège, continueront à refuser des postes vacants sous des prétextes abracadabrantesques. Ainsi les pouvoirs publics organisent-ils la paupérisation du pays. 

Comment accroître le différentiel avec nos concurrents

Bref, Bruno Le Maire et Nicolas Hulot se sont passés le mot pour torpiller un peu plus l’économie française par rapport à ses concurrents directs. Pendant que Nicolas Hulot parle de l’objet environnemental de l’entreprise, il évite de parler de Notre-Dame-des-Landes, de l’énergie nucléaire et de tous ces sujets où l’on voit bien que les pouvoirs publics refusent pour eux-mêmes les contraintes qu’ils trouvent juste d’imposer aux entreprises. 

Parallèlement, les entreprises allemandes, britanniques, américaines, chinoises, continueront de courir la même distance avec beaucoup moins de poids sur les épaules. 

Comment on organise le déclin d’un pays. 

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