Paprec: un patron anti-FN qui pratique la discrimination syndicale?

On se souvient de la campagne anti-FN menée il y a quelques semaines par le patron de Paprec, Jean-Luc Petithuguenin. Mais le même voit aujourd'hui son entreprise épinglée pour... discrimination syndicale. Des dangers, pour un grand patron, de vouloir se mêler de politique. 

Quand le président de Paprec faisait campagne contre le FN

Il avait fait du bruit à l'époque, en écrivant à tous ses salariés pour leur expliquer qu'il ne fallait pas voter pour Marine Le Pen aux présidentielles. Jean-Luc Petithuguenin, président de Paprec (recyclage industriel), s'était surtout concentré sur les risques d'une sortie de l'euro, annoncée à l'époque par le FN. Mais il avait ajouté:

Au delà du seul aspect économique, l'entrepreneur s'inquiète également de l'aspect social, craignant que la lutte contre "le travailleur immigré" conduise à "des ratonnades et ce genre de choses".  

C'est évidemment les risques qu'un patron prend lorsqu'il se pique de dire à ses salariés pour qui voter ou ne pas voter: on appelle ça l'effet boomerang.

On retrouve donc, aujourd'hui, dans la presse syndicale, un papier bien senti sur les discriminations chez Paprec. Ce papier fait mal vis-à-vis d'un groupe qui s'est mis en avant sur le terrain de l'éthique. Cela ne signifie pas qu'il soit fondé juridiquement. 

En revanche il montre clairement que le blabla du président de Paprec sur le "travailleur immigré" ne doit pas être pris au sens propre. L'entreprise donneuse de leçons sait se défendre contre des syndicalistes trop virulents. 

 

Le 6 décembre 2016, deux mois après sa désignation en tant que représentant de la section syndicale CGT dans l’entreprise Paprec Île-de-France, Mahamadou Kanté reçoit sa première mise-à-pied à titre conservatoire. Suite au rejet de la demande d’autorisation de licenciement par l’inspection du travail, l’entreprise a tout tenté pour virer Mahamadou : mutation forcée, intimidation pour lui faire signer une fiche de poste déqualifiante (jusqu’à l’enfermer dans son bureau), recours hiérarchique contre l’avis de l’inspection du travail... jusqu’à une nouvelle procédure de licenciement, dont l’entretien préalable aura lieu le 2 juin prochain. L’union locale CGT de la Courneuve a produit un communiqué le 24 mai dernier pour protester « avec la plus vive énergie contre ces méthodes coercitives d’un autre autre âge ». Elle réitère son soutien à Mahamadou, s’engageant à l’appuyer dans toutes ses démarches pour faire valoir ses droits, et se réservant le droit de poursuivre Paprec en justice.
CGT
29 mai 2017

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