« Pas vu, pas pris » : la FIFA raccourcit la durée de prescription pour les affaires de corruption

Rien dans les mains, rien dans les manches. Gianni Infantino a présenté le nouveau code éthique qui devra régir les agissements des membres de la FIFA, la plus haute instance qui régit le football mondial. Seulement, ce nouveau code renforce un peu plus son opacité. 

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La plus grande instance mondiale du football aurait-elle trouvé la solution pour éradiquer la corruption et le pots-de-vin qui sévissaient et qui la gangrénaient ? D’après le nouveau président Gianni Infantino, il semblerait que oui puisqu’il souhaite remettre l’éthique au centre de l’institution.

L’agence britannique AP a regardé de plus près ces nouveaux codes éthiques de la plus grande organisation qui régit le football mondial. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il y a du bon et du surtout du moins bon

La diffamation, nouvelle infraction

D’abord, il semblerait que l’opacité de la FIFa soit un peu plus renforcée avec l’arrivée de la diffamation comme nouvelle infraction. Ainsi, la section 22.2 du nouveau code précise que « les personnes concernées par ce code sont interdits de déclaration publique de nature diffamatoire à l’encontre de la Fifa ou de ses représentants.« 

Les sanctions pourront ensuite aller jusqu’à deux ans d’interdiction de toute activité liée au football et jusqu’à cinq ans en cas de récidive pour « des affaires sérieuses« . En sommes, la FIFA a maintenant la capacité de punir et poursuivre tous ceux qui s’opposeraient à elle sans pouvoir fournir de preuves irréfutables. 

Contactée par AP, Alexandra Wrage, ancienne membre du comité de gouvernance de la FIFA explique que cela « fera taire les critiques. Toutes les organisations bien gouvernées incitent à la transparence mais la Fifa prend l’approche autoritariste de dire que les gens doivent se taire. La Fifa devra prouver que les critiques sont de fausses déclarations, de la véritable diffamation, mais l’avantage pour la Fifa est que cela fera plus hésiter les critiques à prendre la parole.« 

Une nouvelle porte de sortie pour la corruption

Elu en 2016 pour remplacer Sepp Blatter englué dans des affaires de corruptions, l’italo-suisse affirmait vouloir remettre l’éthique au coeur de la FIFA tout en martelant que « la nouvelle FIFA est une démocratie et non une dictature. C’est une organisation transparente, profondément honnête. »

Néanmoins, le nouveau code éthique fait apparaître une nouvelle porte de sortie qui sera saluée par ceux qui profitent de la corruption au sein de l’organisation. Si le code de 2012 prévoyait que les affaires de corruptions, de pots-de-vin ou de détournements de fonds puissent donner lieu à des poursuites quelle que soit la date à laquelle elles remontent, le nouveau code prévoit dorénavant une prescription au bout de dix ans.

En clair, en maniant le « pas vu, pas pris » pendant dix ans, les bénéficiaires ne courront plus aucun risque. De même, les procureurs en charge de statuer sur ce code éthique n’auront plus dix ans pour le faire mais seulement cinq.

Coup double pour la Fifa qui offre une nouvelle porte de sortie concernant de prochaines affaires de corruption mais aussi qui met un point final aux affaires qui dataient d’avant 2008.

Finalement, pas sûr que la FIFA soit aussi transparente que sont président veut bien l’affirmer…

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