Notre patrimoine selon l’INSEE

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La division Synthèse générale des comptes de l’INSEE, en liaison avec la DG statistiques de la Banque de France, a détaillé les patrimoines macroéconomiques français à fin 2015. Le patrimoine économique national s’élève à 13 585 Md€, soit 7,6 fois le PIB. Il progresse de 1,3% en 2015 contre -1,8% en 2014, grâce à la reprise boursière.

Selon l’INSEE, ce patrimoine net national à fin 2015 comprend 10 692Md€ pour les ménages (y compris entrepreneurs individuels) et 2626Md€ pour les entreprises. Ces patrimoines progressent alors que ceux de l’Etat et des collectivités locales s’effondrent.

L’Etat en faillite ?

Le terme est normalement impropre pour un pays, supposé pouvoir lever indéfiniment de l’impôt. Néanmoins, on a constaté en France qu’à partir d’un certain taux de prélèvements obligatoires, les recettes plafonnent. Pour l’Etat grec, les organismes internationaux évitent ce terme de faillite, mais il est utilisé par les médias.

En France, officiellement, le patrimoine net des administrations publiques (APU) diminue fortement depuis 2007 pour atterrir à 267Md€. Il a baissé de 21,2% en 2015 après déjà -41,2% en 2014. Le patrimoine financier net des APU est de -1659Md€. La différence avec ces 267Md€, s’explique surtout par 1652Md€ de terrains et constructions.

Ces 1659Md€ de dettes nettes rappellent que l’Etat est très endetté en net et que la remontée des taux (sur le marché, même si le taux directeur de la BCE reste nul) va peser considérablement sur les comptes publics, déjà déficitaires de 3% par an. Surtout, ce bilan oublie superbement les dettes sociales (engagements de retraite des fonctionnaires par exemple) et les autres engagements donnés par l’Etat (garanties notamment). Le candidat des Républicains voudrait faire un bilan de l’Etat (la Cour des Comptes y est habituée) s’il est élu. Etablir une situation n’aurait d’intérêt pratique que si l’on intègre les dettes cachées et si on fait l’analyse avant la série d’ordonnances (c’est à dire si l’on commençait l’étude dès à présent). Si elle n’a pas la vraie vision de l’état dramatique des finances publiques, l’opinion publique risque de rejeter une série de mesures impopulaires.

Et maintenant ?

Le tableau de bord de la France peut se résumer aujourd’hui à : 66,63M d’habitants (Mayotte incluse, +10M en 30 ans), une inflation stable à 0,5%, un chômage qui a augmenté à 10% au 3ème trimestre (au sens du BIT), 0,2% de croissance au 2ème trimestre, et 5,65M de salariés dans la fonction publique (y compris les contrats aidés).

Pour 2017, l’acquis de croissance serait de 1% à mi année, comme il y a un an. Toujours selon l’INSEE (note de conjoncture de décembre 2016), l’emploi total progresserait de 190 000 postes en 2016 puis 70 000 postes au 1er semestre 2017. Rien de dramatique pour 2017, la BCE prévoyant de déverser 780Md€ de liquidités supplémentaires dans la zone euro. La dépression n’en sera que plus terrible quand il faudra rembourser.

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