Peut-on licencier un(e) salarié(e) qui a tourné dans un film porno ? Les prud’hommes trancheront en octobre

En 2015, Jennifer se faisait licencier de l’association d’aide à domicile dont elle était salariée au motif qu’elle a participé à un film pornographique largement diffusé sur le net. L’association argue qu’elle a jeté le discrédit sur ses actions. De son côté, Jennifer estime que cela relève de sa vie privée. Le conseil des prud’hommes de Bourges doit se prononcer en octobre. 

Merci qui ? En mars 2016, Jennifer* est licenciée pour avoir tourné dans un film pornographique référencée sur la plateforme Jacquie Et Michel. Malgré l’usage d’un pseudonyme, son employeur a mal pris la soudaine « célébrité » de sa salariée et n’a pas hésité à la licencier.

Les prud’hommes trancheront en octobre

Mardi dernier, le conseil des prud’hommes de Bourges recevait le dossier d’une ex-salariée d’une association d’aide à domicile. En 2015, celle qui se fait appeler Jennifer pour préserver son anonymat, tourne un film aux scènes explicites dans un sex-shop de Bourges. Sa popularité virtuelle explose : l’extrait gratuit qui est toujours disponible comptabilise plus de 3 millions de vues.

Seulement, certaines images auraient été transmises par Jennifer à l’aide d’un portable professionnel. De même, un délégué du personnel signal au président de l’association les activités dominicales de la salariée. Elle est finalement licenciée sur le champ.

En dehors de leur activité, les salariés font ce qu’ils veulent, mais là un trouble a été créé dans l’entreprise. _On emploie des mères de famille qui interviennent au domicile de personnes âgées_. Plusieurs d’entre elles sont venues se plaindre auprès de la direction. Le problème, c’est la diffusion et le retentissement d’une telle publication, accessible au public, quand justement l’employée est en contact avec le public

Me Dominique Lacroix, avocat de l’association

De son côté, l’employeur affirme que le film a « porté atteinte à l’image des collègues, et à celle de l’association, tant pour ce qui concerne le service que la structure, dont l’image et la réputation se trouvent ainsi ternies. »

Contestant son licenciement, la salariée a saisi les prud’hommes alors qu’une première audience de conciliation a déjà eu lieu et qu’aucun accord ne fut trouvé. Elle estime que le licenciement est abusif alors qu’il s’est déroulé hors des heures de travail et qu’elle n’a perçue aucune rémunération.

Je n’ai rien fait de mal. On m’a mis à la porte alors que ce film, j’y ai participé un dimanche, sur mon temps personnel.

Jennifer 

Le conseil de prud’hommes de Bourges rendra sa décision le 9 octobre 2018 pour savoir si oui ou non un employeur peut licencier un(e) salarié(e) au motif qu’il/elle a participé à un film pornographique. Reste que les témoignages de personnes ayant vu leur vie basculer après un tournage X se multiplient. Un « délire pour s’amuser » pour certains mais qui peut avoir de grandes conséquences. 

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