Pour tenter de se relancer, Philippe Martinez (CGT) mise sur les valeurs sûres

On le voit moins depuis quelques temps. Philippe Martinez n’est actuellement pas au moins, tout comme la CGT. Alors en coulisses, il tente de relancer la machine syndicale. Pour cela, pas de recettes miracles : il ressort les anciennes recettes. Car c’est bien dans les vieux pots…

C’est peu dire que Philippe Martinez, le secrétaire général de la CGT, n’est pas au sommet de la vague. Entre un mouvement social à la SNCF que l’on qualifiera difficilement de réussi, une incapacité à organiser la ripose sociale aux réformes présidentielles et un Pascal Pavageau (FO) qui tend à monopoliser l’espace médiatique imparti aux syndicats contestataires, M. Martinez peine à convaincre. Aussi tente-t-il, depuis quelques jours, de relancer la machine. 

La défense de la veuve et de l’orphelin

Il fut un temps, pas si lointain, où un secrétaire général de la CGT en difficulté aurait tenté de surmonter ses problèmes en multipliant les dénonciations du grand capital et du grand patronat et de leurs relais gouvernementaux. Hélas, cette époque étant révolue, Philippe Martinez mise sur les valeurs sûres de la contestation sociale actuelle. En une semaine, il s’est ainsi fait à deux reprises le défenseur de la veuve et de l’orphelin. Il a d’une part cosigné une pétition pour le congé paternité – sans craindre une seule seconde de le faire aux côtés de Laurence Parisot, ancienne présidente du Medef et aujourd’hui représentante en France d’intérêts financiers américains. D’autre part, il a publié une tribune dans Le Monde afin d’affirmer que l’immigration ne crée pas, en soi, de dumping social. Si le refrain moralisateur est bien connu, il n’est pas certain que les travailleurs français le reprendront à leur compte… 

Soutien aux syndicalistes de la SNCF et d’EDF

Après ces bonnes – et pieuses – paroles, le patron de la CGT a jugé opportun de s’occuper quelque peu de ses troupes. Interrogé hier sur LCI, il a vivement dénoncé la « répression » syndicale dont sont victimes, selon lui, les syndicalistes de la SNCF et d’EDF qui ont pris aux récents mouvements sociaux qui ont marqué ces deux entreprises. « À la SNCF, qui est quand même une entreprise où les droits ne sont pas les plus faibles, il y a une soixantaine de syndicalistes qui sont menacés de sanctions, dont la radiation, ce qui est tout à fait exceptionnel, à cause de la grève » a expliqué M. Martinez, qui a poursuivi : « à EDF et dans l’énergie, c’est plus de 350 militants qui sont menacés ». Si certains mauvais esprits considèreront que le secrétaire général de la CGT cogne d’autant plus fort qu’il évoque les derniers bastions de la CGT, il n’en demeure pas moins que qu’il soulève-là de vraies questions. 

La hiérarchie des combats

Le contexte social étant, d’ailleurs, ce qu’il est en France aujourd’hui, on peut finalement se demander pourquoi Philippe Martinez n’a pas jugé plus important de rédiger une tribune et de concentrer son activité pétitionnaire sur le sujet de la répression syndicale. D’autres enjeux d’actualité de grande importance, auraient même pu avoir les honneurs de la CGT, comme la réforme de l’assurance chômage ou des retraites. Mais il faut croire qu’en pleine tempête sociale, le capitaine Martinez préfère continuer à s’ébrouer pour le congé paternité ou la défense de l’immigration. Cette attitude, qui renvoie à une étrange conception de la hiérarchie des combats sociaux à mener, n’est sans doute pas pour rien dans le désintérêt croissant des travailleurs français à l’égard de la CGT. 

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