Près de 36% des familles monoparentales vivent sous le seuil de pauvreté

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En 2014, le taux de pauvreté a légèrement progressé pour atteindre 14,1% en France (+ 0,1%) d’après une publication de l’Insee. Cette quasi-stagnation « statistique » cache pourtant une précarité grandissante, notamment pour les familles monoparentales. Parmi elles, 35,9% vivent en dessous de 60% du revenu médian.

(Sur)vivre avec 1 184 euros par mois…

Les familles monoparentales, dont 80% vivent avec le seul revenu de la mère, sont de plus en plus pauvres en 2014 comme nous le montre ce tableau de l’Insee récapitulant le taux de pauvreté en France :

Niveau de vie et taux de pauvreté en France

D’après ces chiffres, les familles monoparentales sont les plus touchées par la pauvreté en 2014 alors qu’auparavant, elle concernait davantage les familles nombreuses. 35,9% d’entre elles vivent effectivement en dessous de 8 526 €/an, soit environ 710 €/mois, alors que le SMIC était à 1 133€/mois en 2014. Par rapport à la population pauvre, leur proportion a également progressé de 1,3 point pour atteindre 23,2%.

Globalement, le revenu médian de la population à 20 150 €/an s’est stabilisé depuis quelques années. Pour ce qui est du taux de pauvreté national à 14,1%, il est calculé sur la base du seuil de pauvreté (60% du revenu médian) à 12 090 €/an (1 008 €/mois).

Le paradoxe des statistiques

Pour l’Insee, le taux de pauvreté en 2014 (9e plus élevé dans l’UE) représente la proportion de la population qui vit avec moins de 1 008 €/mois. Toutefois, ce calcul ne considère pas le coût de la vie continuellement croissant ni le cas des sans revenu. La stagnation du taux et du nombre de pauvres dans les études ne reflète donc pas la réalité du niveau de vie des ménages.

Lorsque ce revenu médian baisse, ces personnes peuvent vivre de plus beaux jours devant elles l’année d’après alors qu’elles perçoivent le même revenu. La tendance ne sera qu’inversée si le revenu médian progresse, mais dans les deux cas, tout comme en situation de stabilité, les plus démunis restent les plus démunis, et se noient malheureusement de plus en plus.

Conséquence (et pour ne rien arranger), les classes moyennes se privent de beaucoup de confort en 2016. Plusieurs catégories de la population renoncent aux soins, la plupart des Français redoutent même une précarité plus élevée que la leur pour leurs enfants (10e baromètre Sondage Ipsos-SPF 2016). Reste à voir si cette situation s’améliore ou si nous sommes encore loin, vraiment loin de sortir de l’auberge…

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