Presse subventionnée: Macron donne un gros coup de pouce financier au Point

Macron vient de donner un très beau coup de pouce financier au Point, en accordant à cet hebdomadaire une interview exclusive à laquelle il est impossible d'échapper. Le Point perçoit par ailleurs près de 4 millions de subventions du gouvernement. 

Il faut donc payer 4,5€ pour lire l'interview du président de la République. L'intéressé a refusé l'interview du 14 Juillet, dont le prix est inclus dans la redevance télévisuelle, et il préfère réserver ses propos en exclusivité à un hebdomadaire par ailleurs lourdement subventionné.

Deux petits constats malicieux. 

Le Point coûte aussi cher que la baisse de l'APL

Cet été, la polémique a fait rage sur une baisse de 5 euros de l'APL. C'est à peu près le prix d'un numéro du Point. On sait donc désormais à quoi correspond le prix de la parole présidentielle. 

Dans son interview, Macron souligne que les jeunes sont les grandes victimes de la société française. M'enfin, j'imagine que ceux qui vont voir leur APL sucrée de 5 euros manqueront d'appoint pour acheter le journal où le Président se fait leur porte-parole imaginaire. 

En tout cas, imaginer que tous les Français ont dans la poche 4,5€ pour acheter un hebdomadaire où leur Président s'exprime témoigne d'une singulière méconnaissance de la réalité française. Le vecteur de cet interview est fondamentalement élitiste. 

Aider Le Point après avoir recruté Bruno Roger-Petit: la subordination de la presse continue

On s'étonnera quand même du cadeau financier qu'Emmanuel Macron vient d'offrir à un hebdomadaire subventionné. Le bon sens eut été, au minimum, de choisir trois titres pour une interview groupée, mieux représentatifs de l'opinion. 

Les propriétaires du Point ne se plaindront pas, au demeurant, de ce cadeau qui leur est fait. Selon les derniers chiffres, la diffusion de l'hebdomadaire a baissé de 25% depuis 2012, et cette tendance semble irrépressible. 

Le Président vient d'offrir un coup de pouce et d'enrayer, pour une semaine au moins, le déclin du titre. Après le recrutement de Bruno Roger-Petit à l'Élysée, Macron ne ménage donc ni son temps ni sa peine pour sauver l'emploi dans la presse papier. 

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