Revenue d’un congé maternité, une praticienne disparaît des registres de la CPAM

A la suite d’un bug informatique, une praticienne a disparu des registres de la Caisse Primaire d’Assurance Maladie. Par la même occasion, plusieurs centaines de patients ont été privés de remboursement du fait de la disparition de leur médecin traitant.

Disparu. Plus rien. Nada. Que dalle. En revenant de son congé maternité, le Dr Laëtitia Delayac ne s’attendait sûrement à cette bonne surprise venue de la Sécurité Sociale. La praticienne a tout bonnement disparue de tous les registres en novembre dernier.

« Docteur, vous n’existez pas… »

Âgée d’une trentaine d’année, la généraliste s’est installée en 2013 dans un cabinet de Mandre-les-Roses, dans le Val-de-marne, mais surtout dans une zone peu pourvue en praticiens. Actuellement, elle s’occupe de près de 1 800 patients, venant aussi des départements voisins.

Pourtant, à son retour de maternité, elle constate que le nombre de patients enregistrés par le logiciel de la Sécurité Sociale n’est plus le bon. Et la réponse de la CNAM ne la laisse pas insensible.

Après 15 jours, trois semaines, j’ai eu une réponse de la CNAM : Docteur, on ne comprends pas, vous n’existez plus ! Puis j’ai eu des patients qui, petit à petit, m’ont expliqué que je ne n’apparaissais plus comme médecin traitant sur leurs cartes vitales, qui me disaient : Docteur , je n’ai pas été bien remboursé, mon 100% n’apparaît plus. Et la réponse de la CPAM a été : Docteur on ne comprends pas !

Si ces actes sont bien remboursés à ses patients, ceux pratiqués par des spécialistes voient leur taux de dédommagement être modifiés du fait qu’elle ne soit plus considérée comme un médecin traitant. De plus, la rémunération de la doctoresse a aussi évolué. « Parmi les critères de rémunération forfaitaire, il y a la rémunération sur le nombre de patients déclarés. Du coup, j’ai eu un manque à gagner sur les précédentes années de mon exercice. Combien ? impossible de le savoir »

La CNAM alertée, seule solution : reprendre à zéro

Nos confrères de France Bleu expliquent que la Caisse Nationale d’Assurance maladie a été alerté depuis plusieurs mois par les équipes du Val-de-Marne. Mais pour l’instant, aucune solution satisfaisante n’a vu le jour.

La seule proposition vient de la CPAM du Val-de-Marne qui expliquait « proposer au médecin une autre solution consistant à lui changer son numéro d’identification et à réinstaller complètement Ameli Pro sur son poste de travail. Ces démarches sont différées à août 2018, à la demande du médecin. »

Le docteur Delayac ne décolère pas face à cette solution et met en doute sa faisabilité. « En théorie, si j’accepte, le précédent Docteur n’existe plus, en tout cas sur la base informatique. Donc comment vont ils me recalculer ce qu’ils me doivent et ce qu’ils doivent aux patients ? Je leur ai posé la question, j’attends la réponse. »

Actuellement, impossible de savoir si le Dr Delayac est un cas isolé ou si d’autres praticiens sur le territoire français ont été touchés par ce bug.

J’ai proposé qu’ils m’effacent et me créent un nouvel identifiant pour contourner le problème mais ils m’ont expliqué qu’ils ne me donneraient un nouveau numéro que si je m’arrêtais d’exercer pendant un an ! Nous sommes en plein désert médical, les installations de nouveaux médecins sont très rares mais ils parviennent quand même à nous dégoûter du métier à 30 ans à peine. Je m’accroche parce que j’aime ma ville et mes patients mais j’en suis venue à me demander si je ne ferai pas mieux de me faire déconventionner ! 

Laëtitia Delayac

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