Santé: embrouille, bidouille et carambouille, par Vincent Fromentin

Temps de lecture : 3 minutes

Cet article a été lu 4402 fois

Article paru sur la Lettre de Galilée

Cornegidouille ! Ça bidouille pour les primaires de gauche… Lors des débats télévisés, jeudi et dimanche derniers, la santé a été évoquée du bout des lèvres : vente de médicament à l’unité pour Sylvia Pinel, défense de la Sécu par Vincent Peillon, et face à Gilles Bouleau et Elizabeth Martichoux, François de Rugy a du se justifier de ne pas croire aux mesures coercitives pour gommer nos déserts médicaux. Benoît Hamon a capté l’attention et trusté le débat avec sa proposition quasi-utopique de revenu universel, une bonne occasion pour tous de ne pas orienter les réflexions sur les questions économiques et le chômage ! On craint la polémique, alors on joue les niquedouilles… Un autre sujet qui plait à la gouille parisienne : la légalisation du cannabis. Sujet qui fâche, et isole, un Valls encore plus droit dans ses bottes, mais qui enflamme Jean-Luc Bennahmias qui “fait le show“. Bref, on bafouille, on s’embrouille, on farfouille, on mâchouille, on bredouille. Mais personne ne montre vraiment… sa bouille.

La santé va-t-elle enfin trouver en France une place dans les débats électoraux ?” C’est la question que posent Didier Tabuteau et Martin Hirsch dans une tribune commune dans Le Monde, plaidant pour une “assurance maladie universelle“. L’idée serait de fusionner les “deux étages“, c’est-à-dire l’assurance maladie et les complémentaires santé. Il s’agit “d’étendre l’assurance maladie à l’ensemble des dépenses de santé, en incluant dans la sécurité sociale la couverture complémentaire “. Des rengaines 100% bobos, à contre-courant des propos polémiques de François Fillon.  Quid des dépassements d’honoraires ? “Le problème est délicat ; il n’est pas insurmontable. Les dépassements pourraient être progressivement réduits en revalorisant la rémunération des professionnels dont les tarifs sont actuellement sous-cotés.” Et quid des mutuelles ? “Il est possible d’intégrer une partie de leurs personnels dans les équipes de l’Assurance-maladie, qui connaîtront d’importants départs à la retraite dans les cinq ans. Il est aussi envisageable de favoriser la reconversion des mutuelles en opérateurs de soins.Mais quelle carabistouille ! Pourquoi ne pas y avoir pensé plus tôt ?

Autre sujet : la grippe. Et ce jeudi 12 c’est le plan com de notre Ministre sur l’épidémie qui cafouille… Déjà, elle n’évoque (encore une fois) que l’hôpital; ce qui ne manque pas de faire réagir le Dr Jean-Paul Ortiz, le patron de la CSMF, qui dénonce un “nouvel oubli de la médecine de ville” qui prend pourtant en charge plus de 90 % des cas, en particulier les médecins généralistes. Ainsi, après avoir appelé “tous les hôpitaux publics et privés à déprogrammer des opérations, des soins médicaux pour libérer des lits“, la Ministre a fait machine arrière en se voulant plus rassurante le lendemain… A la sortie d’une réunion de crise, elle affirme : “les hôpitaux sont en situation tendue, mais ils ne sont pas débordés et ils font face. Je suis aujourd’hui sereine quant à leur capacité à faire face aux besoins des malades. Ils prennent en charge dans de bonnes conditions tous ceux qui ont besoin d’être soignés.” Une dramatisation ministérielle qui n’est pourtant pas sans conséquence… puisque l’Ordre des Médecins a proposé de rendre la vaccination antigrippale obligatoire pour les personnels de santé. En dépit des incertitudes avérées de ses bénéfices

Une dernière bafouille : décernée à Emmanuel Macron, le candidat de En Marche ! En visite dans le Nord-Pas-de-Calais, le banquier a malencontreusement décrit la situation sanitaire (certes catastrophique) de la région en évoquant “l’alcoolisme et le tabagisme [qui] se sont peu à peu installés dans le bassin minier“. Une boulette sur laquelle revient Jean-Yves Nau sur son blog. “N’est pas Zola qui veut. (…) On pourrait additionner les chiffres et les publications. Ils n’effaceraient ni la maladresse de l’homme politique jamais élu, ni la sensation d’agression vécue par une population ainsi visée.

print

Soyez le premier à commenter

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*


Lire les articles précédents :
Essilor et Luxottica : une fusion pour voir grand

Article paru sur The Conversations sous la signature d'Isabelle Chaboud. Essilor et Delfin ont annoncé le 16 janvier 2017 avoir signé...

Fermer