Pourquoi Sarkozy n’est pas un candidat de rupture

Nicolas Sarkozy a posé les premiers points de son ambition programmatique avec un livre à paraître ce mercredi. L’opération de communication est incontestablement réussie, puisqu’elle est parvenue à sortir des sentiers battus et à faire le buzz alors qu’elle ne devait surprendre personne. Au-delà de l’efficacité « marketing » de l’opération, le candidat Sarkozy propose-t-il vraiment un programme novateur?

Sarkozy, un vide en matière de protection sociale

Ce qui frappe dans le corpus de ses propositions tient au silence qu’il garde en matière de sécurité sociale et, au sens large, de protection sociale. En dehors d’une proposition assez attendue (le relèvement de l’âge de la retraite à 63, puis 64 ans, ce qui reste sous l’objectif inévitable de 65 ans), on ne trouve à ce stade aucune réforme majeure de la sécurité sociale. Cet oubli est d’ailleurs à l’unisson des candidats à la primaire des Républicains.

Sarkozy passe le RSI sous silence

Certains entrepreneurs ne manqueront pas d’être déçu par ce silence, surtout pour tout ce qui touche au RSI. La « sécurité sociale » des indépendants dysfonctionne, en effet, et coûte cher pour un service qui est par nature critiquable. On voit en effet mal pourquoi des non-salariés doivent rentrer à tout prix dans un système fait pour les salariés.

Compte tenu des nombreuses critiques adressées au dispositif, on aurait pu imaginer que le candidat Sarkozy ne prenne, comme le fait Frédéric Lefebvre, à sa charge l’idée de supprimer le monopole du RSI. Il n’en est rien… Dommage.

Sarkozy et les cotisations sociales

Le candidat Sarkozy propose, semble-t-il, d’augmenter les baisses de cotisations sociales sur les bas salaires. Là encore, on exprimera quelques regrets à l’idée que cette politique inventée dans les années 90 continue indéfiniment. La mécanique perverse de ce dispositif est bien connue: non seulement, elle crée des effets de butoir pour les salaires autour de 1,6 SMIC, mais elle oblige les classes moyennes à financer la protection sociale des plus pauvres. À long terme, elle décourage donc les milieux les moins aisés à « sortir » de leur condition, et elle encourage la stagnation sociale, voire la prolétarisation.

Déresponsabilisation et précarisation, les deux mamelles du populisme

Du même coup, loin d’inverser la courbe de la déresponsabilisation, qui épuise tous les recruteurs de France, ni celle de la précarisation, qui explique la montée du populisme, la logique sarkozyenne devrait les amplifier. Plus que jamais, ceux qui « s’en sortis » devront payer pour ceux qui n’ont pas cherché à améliorer leur condition. Plus que jamais, le monopole de la sécurité sociale sera consolidé, avec ses effets pervers, dont le maintien collectif dans l’illusion d’un Etat Providence qui peut indéfiniment réparer les défaillances individuelles et pourvoir à tout sans la moindre prise de risque ni sans le moindre choix individuel.

Un programme de continuité plutôt qu’un programme de rupture

Autrement dit, le programme de Nicolas Sarkozy devrait plus apparaître comme une ambition de reprendre son action après une pause quinquennale que comme une volonté de rompre avec la logique d’étatisation qui domine la classe politique française. Dans une perspective de diminution des déficits publics, certains y verront les germes d’un échec très prévisible, et d’un manque d’imagination dans la vision pour une France de demain.

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2 commentaires sur Pourquoi Sarkozy n’est pas un candidat de rupture

  1. Faut il s’en étonné en provenance de l’homme qui fit l’ouverture à gauche !?

    Après avoir subi M.Jospin et M. Chirac qui était un radical de gauche camouflé ! (Dixit C.Pasqua)
    On avait après eux, en effet, besoin de virer à gauche !

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