Les Suisses décident de rester encore un peu dans le nucléaire

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Cet article sur le nucléaire a été initialement publié par la Tribune de Genève.

Votations 27 novembre – L’initiative des Verts «Sortir du nucléaire» a été refusée à 54,2%. Seuls quelques cantons romands et Bâle-Ville l’ont soutenue.

Les centrales nucléaires resteront branchées tant qu’elles peuvent fonctionner. L’initiative des Verts qui veut toutes les débrancher d’ici 2029 a été rejetée dimanche par 54,2% des votants, à la grande satisfaction de Doris Leuthard. La participation avoisine les 45%.

L’initiative populaire voulait tirer la prise des centrales au bout de 45 ans et remplacer l’atome par du courant vert. Beznau I, mise en service en 1969, aurait dû arrêter l’année prochaine. Idem pour les centrales de Beznau II et de Mühleberg, construites en 1972. Gösgen aurait dû être débranchée en 2024 et Leibstadt en 2029, soit dans treize ans. Un résultat clair.

Cette perspective a été repoussée par 1,3 million de personnes, alors qu’environ 1 million a glissé un «oui» dans l’urne. Un résultat clair, contrairement à ce que prévoyaient les instituts de sondage, a remarqué la conseillère fédérale Doris Leuthard.

Les plus farouches adversaires du texte se trouvent dans les cantons de Schwyz (68,1%) et d’Appenzell Rhodes-Intérieures (65,8%). L’initiative compte le plus de soutien dans les cantons de Bâle-Ville (60,5%) et de Genève (58,9%), talonnés par ceux du Jura (57,5%), Neuchâtel (56,8%), Vaud (54,6%) et Bâle-Campagne (50,4%). Les Valaisans (53,3%), Fribourgeois (51,5%) et Tessinois (53,7%) ont glissé un petit «non» dans l’urne.

Proche de 1979

La composition des camps est proche de celle qu’a connue la première initiative sur l’énergie nucléaire rejetée de justesse en 1979, avec 51% de non. La différence entre les régions était toutefois encore plus marquée lors du premier vote antinucléaire.

En 1984, les cantons latins et le Tessin, sauf Fribourg et le Valais, ont soutenu l’initiative «pour un avenir sans nouvelles centrales nucléaires». Dans la partie francophone, le oui ne l’a pas emporté auprès du peuple avec 49,9%, mais a fait tout de même mieux que la moyenne nationale de 45%.

En 2003, les positions exprimées par les deux régions de Suisse se sont rapprochées sur la prolongation du moratoire et «moratoire plus». Avant de refaire le grand écart dimanche, avec une majorité entre 54 et 59% de oui, exprimés à Neuchâtel, Vaud, Jura et Genève.

Refus net dans les cantons à centrales

Le refus de l’initiative s’élève à 60,5% dans le canton de Soleure, où se trouve la centrale de Gösgen et à 63% dans celui d’Argovie, qui abrite les centrales de Beznau et celle de Leibstadt. Le canton de Berne, où se situe la centrale de Mühleberg, rejette le texte à 56,2%.

Les initiants n’ont pas réussi à convaincre qu’il fallait mettre un terme rapide à une énergie nucléaire qu’ils jugent dépassée et dangereuse. En plus des risques, le nucléaire serait un «fiasco financier». Avec les bas prix de l’électricité, il ne serait plus rentable.

Stratégie énergétique renforcée

Les Suisses se sont rangés à l’avis de la droite et du Conseil fédéral. Les Suisses n’ont pas voulu prendre le risque de subir des coupures de courant ou de devoir rembourser les propriétaires des centrales, a lancé la conseillère fédérale PDC. Durant la campagne, Axpo a articulé le chiffre de 4 milliards de francs de dédommagements, Alpiq évoquant des pertes de 2,5 milliards.

La population veut quitter le nucléaire au profit des énergies renouvelables, mais veut laisser le temps nécessaire à leur développement, a commenté la ministre de l’énergie. «La stratégie énergétique nous donne les instruments pour ce tournant.» Elle sort renforcée de ce vote.

Le paquet de mesures pose les jalons d’un retrait par étapes en visant une réduction de la consommation d’électricité, un accroissement de la part de courant vert et une réduction des émissions de CO2. Adoptée en septembre par le Parlement, la réforme est remise en cause par l’UDC, qui a lancé un référendum. (ats/nxp)

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