La crise ne fait-elle que commencer à la CGC?

15 juin 2016 Eric Verhaeghe 0

La CGC a-t-elle, avec l’élection de François Hommeril à sa présidence, clos sa crise interne, ou l’a-t-elle relancée? Les bruissements de couloir de toutes parts, ces derniers jours, dont la presse se fait écho, obligent à poser la question, qui est très loin d’être neutres pour l’évolution du dialogue social en France. Hommeril, l’homme de l’apaisement Facialement, le choix de François Hommeril à la présidence de la CGC, à la tête d’un ticket où figuraient la banque (en la personne d’Alain Giffard) et le transport aérien (Franck Zid, devenu trésorier), pouvait donner le sentiment d’un apaisement après la douloureuse éviction de Carole Couvert. Hommeril est un candidat de compromis, choisi avec l’accord de la métallurgie, qui continue à se tenir à l’écart de la direction confédéral après l’avoir dirigée pendant plusieurs années. Hommeril a recueilli 90% des voix au Congrès. C’est une belle performance et si, lors de son ultime discours, Carole Couvert ne s’était pas apesantie pendant 15 minutes en propos polémiques et revanchards sur sa propre fédération, la réconciliation eut été parfaite. Hommeril, l’homme qui n’a pas compris le rôle de la CGC Une fois ce portrait idyllique dressé, la réalité revient au galop. Ainsi, dès le vote […]

Crise du syndicalisme: qui sera président de la CGC?

25 novembre 2015 Eric Verhaeghe 3

La CGC connaît une crise larvée, moins spectaculaire que la crise de la CGT, mais tout aussi profonde et pénalisante pour l’organisation. Un dernier rebondissement vient de l’illustrer: le bureau de la fédération de l’Energie vient de désavouer la candidature de Carole Couvert à sa propre succession. La CGC et sa fédération Energie L’énergie n’est pas la plus importante des fédérations de la confédération. Elle représente moins de 5% des adhérents, loin derrière la Police (le fameux syndicat Alliance) et la métallurgie (dont fut issu le prédécesseur de Carole Couvert, Bernard Van Craeynest). L’arrivée de Carole Couvert à la tête de la confédération fut donc une sorte d’exploit, qui s’était appuyé sur une alliance de circonstance: la fédération banque-assurance avait profité de cette candidature pour contrer celle de Van Craeynest, affaiblie par les affaires internes. Carole Couvert avait représenté, en 2013, cet espoir d’un renouvellement interne, en rupture avec un management trop peu collégial et un héritage opaque. Avec une présidente âgée d’à peine 40 ans, la CGC s’imaginait tenir une réformatrice capable de donner une autre image du syndicalisme. C’était le pari un peu fou de cette nouvelle direction qui propulsait une candidate issue d’une petite fédération. L’illusion a probablement consisté, pour […]