L’angoisse de l’entrepreneur face à l’Institut Montaigne

12 avril 2016 Eric Verhaeghe 2

L’institut Montaigne appartient à la galaxie des « think tanks » tant prisés par les medias et en constitue probablement l’un des formats les plus aboutis. Ses dernières prises de position inquiètent cependant: l’institut connaît une manifeste dérive qui l’éloigne peu à peu des entreprises dont il devait constituer la voix. Verrouillé par une caste de technocrates coupés des réalités, il multiplie les idées complaisantes vis-à-vis des obsessions bureaucratiques de l’Etat mais tout à fait contraires à la réalité de l’économie privée. L’institut Montaigne, un think tank, c’est-à-dire un lobby Rappelons d’abord que l’institut Montaigne fut créé par Claude Bébéar, entrepreneur de talent, visionnaire à de nombreux égards, et qui avait compris l’obsolescence des mouvements patronaux. Convaincu que la domination politico-sociale, comme l’avait très bien dit Gramsci, supposait une victoire de et dans la superstructure, il avait eu l’idée de financer un « think tank » pour porter la voix des grandes entreprises et le fer contre la pensée post-marxiste très présente dans le débat public. C’est ainsi qu’est né l’Institut Montaigne, autour des grandes valeurs humanistes dont Bébéar s’est toujours réclamé. Fort aujourd’hui d’un budget de 3 millions d’euros, l’institut sert à documenter les sujets économiques et sociaux et à fournir aux décideurs […]