La SNCF et le savoureux paradoxe de la branche du rail

8 juin 2016 Redaction 0

L’empoisonnante grève à la SNCF est largement analysée comme une manoeuvre toxique de la CGT. Ce point de vue n’est probablement pas dénué de fondement, mais il fait l’étrange économie de la responsabilité patronale dans ce dossier. La mystérieuse branche du rail Le fait n’a pas été suffisamment expliqué au public, mais la raison première de la grève du rail est indissociable de l’organisation qui se met en place dans le secteur ferroviaire. Dans la perspective de l’ouverture (enfin!) du rail à la concurrence, à l’horizon 2020, la France a constitué une branche du rail en bonne et due forme. Celle-ci devait négocier une convention collective, avant que les entreprises du secteur (et singulièrement la SNCF, qui capitalise 148.000 salariés sur les 160.000 de la branche) ne se dote d’accords spécifiques. On ne le dit pas assez, mais la constitution de la branche du rail (en remplacement du rôle social historique du ministère des Transports) est au coeur des problématiques qui expliquent les grèves aujourd’hui. Et sur ce point, la responsabilité patronale est écrasante, tant la méthode choisie pour négocier la convention collective était porteuse des conflits auxquels nous assistons aujourd’hui. Une fédération patronale postiche Pour négocier une convention collective […]