Tommasso Debenedetti : l’homme qui dénonce les dérives des médias en tuant Costa-Gavras, Gorbatchev, le Pape Benoit XVI…

Bachar Al-Assad, le pape Benoit XVI ou encore Pedro Almodovar. Plus récemment, Costa-Gavras a aussi connu la même mésaventure. Plus récemment, Costa-Gavras a aussi connu la même mésaventure. Seulement, toutes ces personnalités ont été déclarées décédées par des médias sérieux après des hoax lancés sur Twitter par Tommasso Debenedetti. Le maître faussaire espère, par sa démarche, interroger notre mode de consommation de l’information ? 

8h18. Au micro de Jean-Jacques Bourdin, Konstantinos Gavras dit Costa-Gavras annonce qu’il va bien et qu’il est en pleine forme. Quelques heures auparavant, plusieurs médias nationaux et internationaux l’avaient déclaré mort. Le New York Times, le canadien la Presse ou encore France Inter. Tous sont tombés dans le panneau.

 

L’annonce n’était en fait qu’un immense canular mis en place par l’italien Tommasso Debenedetti. Spécialiste des « hoax », il s’amuse à publier sur Twitter à l’aide de faux-comptes des annonces de décès de personnes célèbres. 

Serial hoaxer ou lanceur d’alertes ?

Le Monde s’est attelé à retrouver la trace de cet ancien instituteur. Publiant régulièrement pour des journaux locaux, il avoue finalement en 2012 avoir publié des interviews totalement inventées. Parmi elles, celle de Mikhaïl Gorbatchev ou encore le Dalaï-lama. 

Loin de se considérer comme un pourvoyeur de fakes en tous genres, Tommasso souhaitait plutôt, par cette démarche, « montrer la faiblesse des médias en Italie » qui ne proposent aucune vérification des informations ou des sources.

En plein avènement des réseaux sociaux, l’instituteur trouve un autre terrain de jeux : Twitter. En 2012, un compte attribué au cardinal secrétaire d’Etat du Saint-Siège annonce le décès de Benoit XVI. Une annonce rapidement démentie par le Vatican. Évidemment, l’information fut reprise par quelques médias avant d’être formellement démentie par le Vatican et par l’entourage du souverain pontife. 

 

Tommasso ne s’arrête pas à ce coup d’éclat, il réitère plus tard selon le même mode opératoire et annonce tour à tour la mort de Fidel Castro, Pedro Almodovar, J.K. Rowling ou encore Bachar Al-Assad.

Contacté par l’AFP en 2012, Tommasso explique ne pas se considérer comme un escroc. Il ne « souhaite pas que les mensonges aillent au-delà de la bulle médiatique ». Au contraire, il souhaite dénoncer les dérives du journalisme, en particulier la course à l’information et l’instantanéité de celle-ci. Principe essentiel selon lequel les lecteurs doivent être informés de tout, le plus rapidement possible, passant parfois outre les vérifications d’usage. 

Par ailleurs, il met en lumière le rôle qu’on les réseaux sociaux dans la propagation de l’informations et des fausses-nouvelles, voire carrément des fake-news. Il estime que « Twitter est devenue une agence de presse…et la moins fiable du monde. »

Tommasso Debenedetti compte plusieurs « morts » à son compteur. Pour autant, aucun n’a jamais souhaité porter plainte contre lui, se contentant simplement de contester leur décès. 

Et quand l’AFP reprend en 2015 l’un de ses tweets qui affirme que Martin Bouygues est décédé avant de publier un erratum, les sanctions ne tardent pas. Deux hauts cadres de la rédaction quittent leurs fonctions, la rédaction met aussi en place une marche à suivre en cas de décès d’une personnalité publique, avec toute une liste de vérifications à effectuer avant publication.

Alors, serial hoaxer ou lanceur d’alertes ? L’action de Tommasso Debenedetti peut être contestée dans la mesure où il s’est fait maître dans la propagation de fake news. Néanmoins, son action interroge sur le mode de consommation de l’information, la course au tout savoir tout le temps, l’instantanéité et l’infobésité.

 

Tommasso met en lumière les dérives du journalisme actuel mais aussi la façon de consommer l’information par les lecteurs. Son mode d’action permet entre autres de différencier les médias sérieux, qui suivent une vraie démarche de vérification de l’information, des autres médias. 

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