Le train de vie du mécène du théâtre du Châtelet épinglé !

Le 20 novembre 2012, le théâtre du Châtelet à Paris cherchait des mécènes. La société Logica Business Consulting France (LBCF) s'est finalement engagée pour un apport en compétences. Mais après plusieurs études, la Chambre régionale des comptes en Île-de-France a montré que l'opération était à l'avantage du mécène.

L'opération menée par LBCF (qui est devenue CGI Business consulting France) a été une réussite. Si elle a coûté 189 000€, une coquette somme mais qui ne bouscule pas le budget de fonctionnement du théâtre estimé à 30 M€ annuels, elle a permis de doter le Théâtre du Châtelet d'un système de billeterie de gestion de clientèle pour optimiser le remplissage de la salle et le chiffre d'affaires. 

Des contreparties qui font débat

Le principal sujet de débat apporté par le rapport concerne les contre-parties qu'a reçu le mécène. Si légalement une distinction claire doit être établie entre les sommes données et la valorisation de la prestation rendue, rien ne vient expliciter cette disproportion. Il est alors courant de dire qu'elle est marquée s'il existe un rapport de 1 à 4 entre la valeur des contreparties et le montant du don. Autrement dit, comme le montant total du don s'élevait à 189 000€, le dons ne pouvaient excéder les 47 250€. 

Seulement, tout ne s'est pas passé comme mentionné ci-dessus. Dès la signature du contrat, la convention prévoyait que le bénéficiaire du don verse des contreparties égales au montant maximal possible. De plus, le théâtre du Châtelet a aussi dû payer le personnel du mécène qui était présent après minuit tout en rajoutant quelques primes. Vous l'aurez compris, les 25% maximum de contreparties étaient déjà dépassés. 

La convention permettait aussi à ce que le mécène devienne membre du Cercle International des Amis et Mécènes du théâtre pour la saison 2012-2013 et qu'à ce titre, il bénéficie de tous les avantages alloués aux mécènes du théâtre. Enfin, en l'absence de tarifs officiels récents opposables, l'équipe de direction a pu fixer le montant des contreparties. 

Des contreparties versées avant même la prestation

On pourrait presque penser que le mécène avait peur de ne pas recevoir ses contreparties puisque celles-ci ont été accordées avant la plupart des prestations. Le rapport précise que " la valeur de mécénat atteignait 132 550€ fin 2013, mais qu'après les soirées du 10 janvier 2013 et de juin 2013, l'intégralité des contreparties valorisées avaient été versées.

Et alors que la convention devait initialement s'achever le 31 décembre 2013, le rapport entre don et contrepartie n'était plus de 25% mais de 35,6%, soit 66 150€ ! Heureusement que le projet est allé à son terme, sans quoi, les conséquences auraient pu être "problématiques". 

En soulevant ces manquements, la Chambre régionale met en lumière un aspect peu reluisant. Il pourrait simplement s'agir d'une volonté du théâtre de favoriser certains mécènes en leur faisant bénéficier de tarifs privilégiés en vue de s'engager dans une relation de long terme. Le théâtre chercherait alors davantage à finaliser le partenariat plutôt que de protéger ses propres intérêts.

Un contrat juridiquement fragile et à l'avantage du mécène

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