Travail dissimulé : elles vendent pour 2 millions d’euros de parfum non-commercialisable en dix ans

C’est un juteux commerce qui a été démantelé par le commissariat de Saint-Brieuc. La gérante de plusieurs parfumeries de grand standing est accusée d’avoir fait travailler deux commerciales sans les déclarer. Ces dernières revendaient des flacons de parfums non commercialisables à divers CE d’entreprises. Le bénéfice serait d’environ 2 millions d’euros en dix ans. 

C’est une enquête de longue haleine à laquelle se sont livrées le commissariat de Saint-Brieuc et le groupe d’intervention régionale de Bretagne. Au départ, une simple plainte pour harcèlement au travail a alerté le Direction Générale du Travail. Mais c’est tout un commerce illicite qui a été démantelé. 

Un CA de 2 millions d’euros en dix ans non déclaré

Ainsi, la gérante de plusieurs parfumeries de grand standing à Saint-Brieux, Guingamp, Lamballe et Langueux est accusée d’avoir employé deux commerciales sans les déclarer. Ces dernières étaient chargées de démarcher les CE des entreprises, de ramener les commandes aux enseignes, livrer les colis puis remettre les chèques au comptable. 

Leur arme de séduction : des flacons de parfums non commercialisables. La gérante rémunérait ses commerciales avec des flacons testeurs que ses dernières pouvaient, à leur guise, revendre ou garder pour un usage personnel. Lors de l’arrestation de l’aînée des commerciales, les policiers ont mis la main sur des centaines de flacons mais aussi 53 000€ en coupure de 20€ entreposés dans un coffre-fort. 

« De l’argent économisé » se défend la femme âgée de 76 ans. Elle reconnaîtra durant la procédure que les billets venaient finalement de son activité. « C’était juste pour m’occuper. J’avais demandé à être déclarée…

D’après l’accusation, la retraitée réalisait un énorme chiffre d’affaire. 

Près de deux millions d’euros en dix ans. Sur les trois années de la poursuite, elle a vendu 1,172million d’euros.

Une seconde femme est aussi poursuivie. Elle aurait écoulé pour 167 000€ de marchandise. A l’issue de l’enquête, les 53 000€ du coffre mais aussi l’argent sur les comptes bancaires et une maison de la gérante ont été saisies soit près de 800 000€. 

Le procureur requiert la confiscation des saisis, le paiement de 766 000€ au RSI et à l’Urssaf mais aussi des peines de prison allant de trois à huit mois avec sursis. Décision le 5 juin prochain. 

Durant l’audience au tribunal, la gérante a invoqué son droit de silence. « Je ne pourrai pas parler, je ne me sens pas la force… » Mais c’est avec une surprenante énergie qu’elle évoque les conditions de sa garde à vue, démarrée à la nuit tombante en novembre 2016. « Ça a été terrible !« 

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