Tribune anti-fake médecines : les signataires expliquent ne pas attaquer les homéopathes mais l’homéopathie

Les auditions de médecins anti-fake médecine continuent. Ces derniers réfutent toute non-confraternité à la suite de leur publication en mars dernier. Si une conciliation entre les deux parties semble impossible, on a enfin un semblant de date à laquelle le conflit pourrait prendre fin. 

Le 20 septembre dernier, neuf médecins du Nord comparaissaient tour à tour devant le Conseil départemental de l’Ordre des médecins. Leur tort : être des signataires de la tribune anti-fake médecine que nous publiions en mars dernier. Ils sont accusés de non-confraternité par le Syndicat national des médecins homéopathes français.

Un motif qu’ils réfutent fortement, affirmant ne pas s’attaquer à leurs confrères mais plutôt aux pratiques qu’ils défendent.

« On attaque l’homéopathie, pas les homéopathes »

Le 20 septembre, il s’agissait donc de la 1ere phase de la procédure en cours qui vise plus d’une centaine de médecins, qui se font appeler « les médecins du quotidien ». Mais la conciliation entre ces derniers et les homéopathes semble impossible. 

Conséquence d’une subtilité juridique, les médecins homéopathes n’ont pu attaquer de façon grouper les signataires de la tribune. Ils ont donc attaqué, un à un, tous les signataires. Ces derniers ont donc été amené à s’exprimer sur l’affaire en cours. Et ils expliquent tous ne pas être non-confraternel, comme il leur est reproché.

Ce qui me dérange n’est pas que des médecins pratiquent l’homéopathie mais qu’elle soit remboursée par la Sécurité sociale.

Dr François Loez, généraliste à Lomme

De son côté, le Docteur Jonathan Favre, qui officie à Villeneuve-d’Ascq, déclare s’exprimer au nom de la liberté d’expression. « On peut s’exprimer sur une thérapeutique, notamment sur des faits qui sont établis. »

Nous n’avons pas attaqué nos confrères mais certaines pratiques basées sur des pseudosciences assimilées à du charlatanisme. Nous n’avons pas dit que les homéopathes sont des charlatans car ils sont d’abord des médecins et beaucoup ont d’ailleurs un exercice mixte

Dr Jonathan Favre, généraliste à Villeneuv-D’ascq

Réponse définitive en 2019 ?

Aucune conciliation ne semble être possible entre les deux parties : les défenseurs de l’homéopathie et ses détracteurs. Vraisemblablement, il faudra donc convoquer un à un tous les signataires de la tribune pour entendre leur version avant qu’un jugement définitif ne soit rendu. Un processus qui pourrait prendre plusieurs mois. 

Confiant, le docteur Loez annonce que « d’ici là, l’homéopathie ne sera plus remboursée ». En effet, le projet de loi de financement édition 2019 de la Sécurité Sociale ouvre publiquement la voie à un déremboursement de l’homéopathie. Charge à la Haute Autorité de Santé de trancher sur la question.

Par ailleurs, un décret du Conseil d’Etat fixera les conditions et le cadre selon lesquels l’homéopathie pourrait être « [admise ou exclus] de la prise en charge par l’assurance-maladie. »

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