Un certificat médical de non contre-indication à la pratique sportive pour jouer aux jeux-vidéos, mais pas que…

Un médecin s’était étonné d’avoir dû faire un certificat médical de non contre-indication à la pratique sportive pour un joueur de jeux-vidéos. A la seule différence que cette personne n’est pas un joueur lambda mais un e-sportif. Une demande qui peut donc paraître légitime mais qui a aussi ses limites.
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Il est devenu un acte banal réalisé à chaque début d’année scolaire : l’édition d’un certificat médical au cours d’une consultation chez le médecin généraliste. Obligatoire chez les sportifs amateurs (mais aussi professionnels) qui souhaitent pratiquer en compétition, son obtention est régie d’après plusieurs règles émises par le Ministère des Sports.

Seulement, il semblerait que certains sports et certaines organisations obtiennent des passe-droits alors qu’elles n’ont normalement aucune obligation.

Un certificat non-obligatoire rendu obligatoire 

La nouvelle a de quoi étonner. Ainsi, un praticien nous a contacté après avoir édité un certificat de non contre-indication à la pratique sportive qui concerne un sportif amateur. Ce dernier souhaitait pratiquer le e-sport à un niveau compétition. Pour le médecin, il s’agit tout simplement d’une aberration. 

En France, le e-sport connait un développement fulgurant avec un développement impressionnant. En témoigne son nombre grandissant d’adeptes ? D’après le baromètre de l’association France Esport qui régit ces évènements, il y aurait 2,1 millions de pratiquant dont 931 000 qui serait esportifs amateurs et joueraient en compétition.

L’e-sport est-il un sport ? Plusieurs études tendent à montrer qu’être un joueur de compétition de e-sport ne se résume pas seulement « à appuyer sur quelques boutons et actionner des joysticks ». Si effectivement la dépense énergétique liée aux mouvements n’est pas comparable avec le football par exemple, il existe d’autres critères. 

L’e-sport fait appel à la dextérité mais aussi à un degré de concentration élevé ainsi qu’à une excellente acuité visuelle même si le volet psychomoteur se recentre autour de la partie supérieure du corps, plus particulièrement aux bras et aux mains.

De même qu’il existe du dopage dans le e-sport comme dans les sports dits classiques, il existe aussi des risques et des facteurs accidentogènes dans le sport virtuel. De plus en plus de e-sportifs de haut-niveau ont recours à des préparations physiques spécifiques afin d’intégrer l’élite.

Pour autant, cela ne suffit pas à rendre obligatoire l’obtention d’un certificat médical pour pratiquer en compétition. Le ministère des Sports est très clair sur ce sujet : il faut qu’il existe une fédération pour qu’un certificat médical soit exigé. Comme nous l’a confirmé l’association France Esport, il n’existe pas encore en France de fédération. Au mieux, il s’agit d’une association.

Alors, pourquoi les clubs français rendent-ils obligatoire ce document, allant à l’encontre des prérogatives du ministère des Sports ? Est-ce le cas d’autres sports ? A qui profite ce système ?

Autant de questions auxquelles nous répondons dans notre enquête long-format « Le Business des certificats médicaux, une affaire à plusieurs centaines de millions d’euros« . Une investigation d’un mois disponible à seulement 2€.

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