Vague de suicides au CHU de Toulouse

Mais que se passe-t-il au CHU de Toulouse? Au mois de juin, 4 suicides sont intervenus parmi le personnel de l’hôpital. Selon la CGT, ces événements douloureux ont chaque fois un lien avec le travail.

« Selon les premiers éléments, il y a chaque fois un lien avec le travail » affirme Julien Terrier, secrétaire général adjoint de la CGT au CHU. « On est sur un scénario à la France Télécom. On a un système où on veut mettre dehors des fonctionnaires, il y a 22.000 suppressions de postes. Comme les fonctionnaires ont ce statut qui les protège, on leur met une pression pas possible. »

Le CHU de Toulouse, emblématique de l’hôpital public

Manifestement, l’hôpital public n’est pas au bout de ses peines et cultive une certaine forme de risque psycho-social. Rappelons ici notre diagnostic sur les difficultés managériales propres à l’hôpital public et sur les fortes tensions qui y règnent, soit au niveau individuel, soit au niveau collectif.

Sur le fond, on voit mal comment le ministère de la Santé pourra indéfiniment maîtriser les dépenses dans les hôpitaux publics, sur les bases actuelles, en imposant des gains de productivité importants tout en augmentant les contraintes administratives. Tôt ou tard, l’hôpital public se trouvera en situation extrêmement difficile.

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A propos Éric Verhaeghe 148 Articles
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4 commentaires sur Vague de suicides au CHU de Toulouse

  1. le personnel hospitalier de terrain est pris entre 2 feux : celui des bureaucrates bien trop nombreux et des syndicalisés qui ne travaillent pas et qui haranguent toute la journée. En virant 20% de ces 2 catégories on arrive au chiffre de 22 000 statuts protégés ou pas ! ! !

  2. Voilà ce qui arrive lorsque l’on persiste à réduire le personnel hospitalier ! Il faut devenir polyvalent, faire du travail à la chaîne sans pouvoir accorder aux patients le temps nécessaire, être sous pression permanente… Difficile de tenir le rythme sur la durée. Malheureusement, je n’ai vu aucune réaction de notre Ministre de la Santé, pourtant très active sur Twitter, au sujet de ces 4 suicides… Faut-il attendre que ce chiffre augmente pour qu’elle fasse quelque chose ?

  3. Merci F&C, vous au moins vous êtes réaliste. Zelectron, à la poubelle…..

    Publié le 13/09/2016 à 08:24, Mis à jour le 13/09/2016 à 09:04
    Suicides : le CHU dans la tourmente

    Après les suicides du mois de juin dernier, la CGT tire à nouveau la sonnette d’alarme sur «les conditions de travail qui se dégradent» des agents du CHU de Toulouse.

    Pression à la polyvalence, surcroît de travail, repos non respectés, postes non remplacés ou supprimés, «management agressif», hier à l’Hôtel-Dieu Saint Jacques, la CGT du centre hospitalier universitaire (CHU) de Toulouse a de nouveau tiré la sonnette d’alarme sur les conditions de travail des personnels hospitaliers. En toile de fond, une inquiétante vague de suicides – cinq rien qu’au mois de juin dernier (quatre agents et un infirmier) – qui a endeuillé toute la communauté hospitalière.

    Submergée par ce «syndrome de France Télécom», la direction du CHU s’apprête à «relancer en 2017 une grande enquête baromètre social, confiée à un cabinet spécialisé, pour (…) interroger les personnels sur différentes thématiques : conditions de travail, organisation, communication, dialogue social, climat de travail et relations avec la hiérarchie». Mais pour la CGT, le «mal» trouve son origine dans les restructurations engagées dans les hôpitaux, depuis la loi Touraine promulguée en janvier dernier, qui «provoquent des mouvements hospitaliers de territoires, une qualité de soins en déliquescence».

    «Nous ne sommes pas fatalistes, ni résignés, mais déterminés à combattre, explique Patrick Bourdillon (Fédération nationale CGT-santé). Les professionnels de santé en ont ras le bol et ce qui s’est passé ici est inacceptable».

    Les syndicats, qui avancent les chiffres de la restructuration en France (22 000 suppressions de postes d’ici 2017 dans les hôpitaux), se disent également inquiets «du déficit du CHU de Toulouse, entre 20 et 40 millions d’euros», malgré une productivité qui ne cesse d’augmenter. Et se traduit, pour le personnel, par une surcharge de travail qui pousse à la maladie.
    http://www.ladepeche.fr/article/2016/09/13/2417656-suicides-le-chu-dans-la-tourmente.html

    https://www.franceinter.fr/emissions/municipales-chateaudun-miroir-de-la-campagne/municipales-chateaudun-miroir-de-la-campagne-17-aout-2014

    Dans un hôpital, on trouve des êtres humains, malades, traumatisés, fragilisés…. pas des boites de conserves !

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