Vivatechnology ?

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A l’instar du Consumer Electronic Show de Las Vegas, le salon Vivatechnology* s’est tenu jusqu’au 2 juillet. Les conférences sur le digital, les nouvelles technologies, le big data et autres fleurissent tous azimuts. Celui de Vivatechnology entend passer la vitesse supérieure en termes de taille (en s’installant Porte de Versailles) et de publicité (internet et médias classiques).

Il mêle les innovations physiques (robots, drones, objets connectés, impression 3D,  autonomobiles**…) et logiques (éditeurs de logiciels, hébergeurs de web ou de cloud,…). C’est aussi un mixe de jeunes start-upers et de vieux institutionnels, jusqu‘à la récupération politique. C’est enfin un mélange de conférences, de co-working (en fait, de networking, puisque les cloisters ***sont ailleurs) et de shows.

La France ne compte pratiquement pas de licorne type GAFA****, mais sans être exhaustif, certaines entreprises sont désormais visibles : BlaBlaCar (Covoiturage), UbiSoft (jeux vidéo), Withings (objets connectés, utilisés notamment par AXA), Parrot (drones), Sigfox (internet bas débit !), …

 

L’investissement repart

 

Ce genre de salon est aussi l’occasion de présentations (pitchs) pour lever des fonds. Les investisseurs sont multiples : venture capitalists (capital risque), private equity, institutionnels (BPI/CDC, qui dit disposer de 7Md€), crowdequity (investissement participatif), fonds créés par les groupes du secteur financier*****. Dans ce dernier cas, cela fournit aux organismes traditionnels une assurance contre le risque d’être phagocyté par des entrants disruptifs. En cas de disruption du marché, le succès de l’investissement compense en partie la perte de l’activité touchée.

Le secteur de l’investissement avait connu un affaiblissement après la crise de 2008, mais retrouve aujourd’hui son étiage avec plus d’un milliard levé par an. D’après le data analyst Preqin et le lobbyiste Afic, les rendements seraient décroissants avec la durée d’investissement. Cette idée, pour le moins contre-intuitive, semble minimiser le nombre d’échecs de sociétés les toutes premières années.

De toutes façons, les investisseurs et gérants d’actifs n’ont guère le choix quand le reste de la bourse s’avère très volatil (en fonction des politiques monétaires ou des politiques tout court) et que les taux sont aussi bas (les dernières adjudications d’OAT confirment des taux actuariels négatifs).

 

Que faire ?

 

Pour la France, et notoirement Paris, il s’agit de profiter du virage numérique pour redevenir une grande place financière mondiale. Le Brexit offre d’ailleurs une opportunité puisque les britanniques ne pourront plus effectuer la compensation des opérations en euros (tolérées au RU après une décision de la Cour de Justice de l’Union Européenne). Plus largement, les nouvelles technologies pourraient s’épanouir davantage, si la France levait divers blocages idéologiques, comme pour le plateau de Saclay (conflit entre Universités et Grandes Ecoles).

Pour les assureurs, qui innovent déjà par centaines de millions par an sur ces sujets, le choix est cornélien.  Soit les assureurs greffent des outils numériques sur des structures inchangées (donc non pérennes), soit ils passent à un paradigme totalement numérique, mais au détriment du business model existant.

*vivatechnologyparis.com, ….même le site est en anglais

**Automobiles autonomes, comme la Tesla S qui vient de connaître son premier accident mortel

***Cloisters au sens des incubateurs bien sûr, et pas du cloître reconstitué à New-York City

****Google Amazon Facebook Apple

*****AXA truste la quasi intégralité des ateliers du programme de Vivatechnology dans les domaines touchant l’assurance

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